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Eléa Coms
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MessagePosté le: 25/10/2012, 22:08    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

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Jeudi 12h45

Une fois par mois, Elea était devant son repas et rien ne passait. Aujourd’hui plus encore, Dagan était parti pour quelques jours en déplacement. Le rassemblement des différents coordinateurs de la coupe du monde de quidditch devait se tenir à Palerme en Italie en vue d’organiser les rencontres de l’année prochaine. Elle était donc toute seule dans leur appartement et tout y était très calme, trop calme. Il aurait dû y avoir d’autres sons, ceux du jeu, des rires ou des pleurs d’un enfant …

Depuis près de six mois, elle se rendait chaque premier jeudi du mois à l’hôpital Ste Mangouste pour y subir différents examens de contrôle. Ça faisait déjà quasiment 6 mois que ce manège avait commencé, quand Dagan et Elea avaient décidé d’avoir un enfant, les deux jeunes gens étaient très enthousiastes. Peut-être un peu plus Dagan qu’Elea, mais ils en voulaient un tous les deux ça c’était certain.

Dix mois après, il fallait se rendre à l’évidence, ça n’avait toujours pas marché. Habituellement, les parents commençaient les tests après une année d’essais infructueux. Pour le cas d’Elea, tout s’accéléra un peu plus rapidement 6 mois auparavant.

********************


Depuis le matin elle se sentait…différente, enfin son corps était différent.
Et en y réfléchissant bien ça faisait même quelques jours qu’elle avait des envies saugrenues. Et les jours d’après, la confirmation était arrivée.
Dagan piétinait d’un côté de la porte, pendant qu’Elea était aux toilettes de l’autre côté. Elle y était rentrée quelques minutes plus tôt en courant après avoir commencé à manger…

-Elea ! Ça va ?
-Ouiiii, ah nonnnnnnnn


Quelques bruits accrochèrent sur le visage du jeune homme de curieuses grimaces. Et un instant après, elle sortait de la salle de bain.

-Nan, mais je t’assure que ça va.

Et pour le coup, il voulait bien la croire, car malgré son désagrément elle affichait un beau sourire.
-Tu es sure…
-Oui par contre je vais avoir besoin de toi, je peux le faire toute seule, mais je suis tellement impatiente qu’il vaut mieux que tu le fasses à ma place.
-Mais de quoi tu parles ?
-Du test de grossesse que tu vas me lancer ! Voyons…
-Qu.. quoi… tu crois que tu es enceinte !
-Quasiment sure, enfin pour le savoir il me faut le test !


Elle partit en direction de leur chambre où elle s’allongea sur le dos et découvrit légèrement son ventre. Dagan un peu secoué par la nouvelle avait mis quelques minutes pour reprendre ses esprits et rejoindre sa belle pour faire le test.


*******************


1 Mois plus tard…

-Mrs Boggart, alors dites-moi, Elea va bien ?
-Oui elle va bien.

Elea allongée aux côtés de Dagan ne semblait pourtant pas au mieux de sa forme. Celle-ci tenta de se relever légèrement.
-Louisa, ne me cache rien, est-ce que je suis toujours enceinte.
-Elea, je suis désolée… tu as fait une fausse couche.

Ça, la jeune femme l’avait ressenti dès le début quand les douleurs avaient commencé.
-Je pourrais de nouveau être enceinte ?
De son côté, Dagan n’osait pas ouvrir la bouche bien trop attentif à toutes les informations qui parvenaient jusqu’à ses oreilles.
-Je ne sais pas, il faut que je te fasse d’autres examens, on va te garder quelques jours à l’hôpital pour que tu t’y reposes et qu’on puisse répondre à ta question.

*******************


Dagan tenait sa femme dans les bras, alors qu’Elea pleurait à chaudes larmes, les résultats des examens étaient tombés une heure plus tôt.
Elea pourrait peut-être avoir un jour un enfant, mais ce n’était pas sans risques. Ses hormones étaient trop faibles, en conséquence son corps n’était pas préparé à accueillir un enfant.

-Tu verras, on y arrivera, elle n’a pas dit jamais, elle a juste dit que ce serait plus difficile.
-J’espère…
Mais la jeune femme n’y croyait pas trop.

Dès le premier jeudi du mois suivant, Elea commença ses visites à l’hôpital, pour surveiller ses taux d’hormones et obtenir ses différents flacons de potion permettant de les activer un peu plus.

**********************


Au fil des mois, Elea perdait l’envie de continuer son traitement. Elle considérait que s’il était réellement efficace elle aurait dû déjà être enceinte. Ce qui était loin d’être le cas. Du coup depuis quelque temps, la jeune femme retombait régulièrement dans une sorte de léthargie dépressive.
Le médicomage qui la suivait l’avait entrevue et essayait depuis de la convaincre de suivre une thérapie. Chose habituelle dans ce genre de pathologie.

Mais le passé d’Elea, la faisait freiner des deux pieds. Et cet après midi là, comme les autres, Dagan partit le rendez-vous passé donnant toujours les mêmes résultats On ne pouvait pas dire qu’elle était en forme et sentait particulièrement qu’aujourd’hui elle aurait pu facilement basculer dans ses travers des années précédentes. Harding l’avait peut-être senti également, car il était encore plus insistant cette fois-ci.

-Enfin Miss je vous assure que cela ne vous engage à rien ! Et dans votre condition, la meilleure potion est d’être détendue !
-Mais je le suis…
-Je vois bien que vous êtes inquiète un peu plus à chaque rendez-vous. Mais tout ceci ne sert à rien si vous n’êtes pas bien dans votre tête.
-humm…
-Écoutez, si vous voulez je vous accompagne jusque dans la salle d’attente, rencontrer le M Nightingale une fois et vous verrez.

Elea en avait cure, mais elle sentait pertinemment que Harding ne la laisserait pas tranquille tant qu’elle n’aurait pas vu ce psychomage.
Elle capitula donc… Peut-être dans un dernier instinct de protection…
C’est pourquoi l’obstétricien l’emmena directement dans la salle d’attente à l’étage 4 de l’hôpital. Vu de l’extérieur, on aurait pu imaginer qu’Elea fut une prisonnière emmenée par son gardien de force. Il ne manquait qu’un sort d’entrave pour parfait la vision.

Chaz Harding tenait par le bras Elea et la dirigea jusqu’à un siège libre. S’il avait laissé sa patiente venir toute seule, il se doutait bien qu’elle ne serait pas arrivée jusqu’ici. Et il avait bien l’intention de rester, jusqu’à ce qu’elle entre dans le bureau de son confère.
Le psychomage était d’ailleurs informé de sa venue, car Harding avait pris ses devants.

Mais un médicomage, comme chez les moldus, a souvent des urgences, et l’obstétricien fut appelé pour un accouchement difficile, l’obligeant à quitter Elea.

-Je dois y aller, restez ici, il est au courant.

Elea acquiesça de la tête sans rien ajouter, mais ce ne fut pas le cas du médicomage.
-Miss, je suis sure que ça ne peut que vous faire du bien. Au revoir, à dans un mois.

Il partit en trottinant, Elea fixa son regard sur son dos jusqu’à ce qu’elle ne l’aperçoive plus. Puis elle retourna son regard vers les personnes qui attendaient également leur tour.

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29 ans,
Baguette de 28,5, en bois d’olivier, avec une aile de fée

Ancienne Pouffsoufle, ancienne joueuse, ancienne droguée hummm... Nouvelle commerçante.

Tu m'as découverte, et tu m'aimes quand même,
alors oui je veux vivre avec toi.
25/10/2012, 22:08
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Antonio Rosa
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MessagePosté le: 05/11/2012, 02:59    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

Tony était vautré dans le confortable canapé deux places du cabinet du psychomage, les bras étalés sur le dossier. Ca ressemblait à un cliché, ce canapé, mais il fallait avouer que ça marchait. On était toujours plus propice aux confidences dans un endroit qui n’avait pas trop l’air d’un cabinet d’hôpital. Confidences, certes, mais point trop n’en faut. Pour l’heure, Tony était muet. Sa mâchoire se balançait de gauche à droite dans un geste où se mêlaient l’agacement et la nervosité, tandis que son regard brun était nonchalamment posé sur le saxophone cuivré qui trônait dans un coin du bureau.

Paul fit claquer sa langue sur son palais, se penchant légèrement en avant.

« Vous ne voulez vraiment pas en parler ? »

Le regard de Tony coula lentement sur le psychomage, blasé. Mais il ne répondit pas.

« Un jour, il va falloir vous confronter à ce traumatisme, Tony. Vous en avez développé des séquelles, des phobies. Et plus vous ruminerez ce passage de votre vie, pire ce sera. »

Il leva le regard sur l’horloge murale de son cabinet, avant de pousser un soupir. L’heure de la consultation de Tony Rosa était bientôt achevée, et Paul n’avait rien pu tirer de cette séance.

« Soit… » Dit-il en se frottant lentement le visage d’un geste las. « Nous en reparlerons, Tony. Dans la séance de jeudi. Je ne vous retiens pas plus longtemps. »

Tony se releva avec nonchalance du canapé et se guida jusqu’à la porte de sa démarche traînante, la tête rentrée dans les épaules. Arrivé à la porte, il se retourna vivement, affrontant le regard du psychomage.

« Je vous aime bien, amigo, mais faut pas rêver : jamais je parlerai d’Azkaban. Jamais. »

C’est sur cette affirmation qu’il quitta le cabinet.

***


Et trois jours plus tard, c’est sur cette même affirmation qu’il était campé. Vautré – comme à son habitude – sur l’une des chaises de la salle d’attente, la tête contre le mur, son pied battant frénétiquement une mesure imaginaire, il glissa un regard peu inspiré sur l’arrivée d’Elea dans la pièce. Il n’eut aucun mal à la reconnaître, quand bien même avait-il passé de trop nombreuses années au ban de la société. En prison, la seule littérature en libre accès était les magazines de quidditch, alors même si Tony n’avait jamais été très amateur du sport, il était encore aujourd’hui capable de réciter par cœur les classements de l’année 1979.

Si la présence de la star de quidditch Elea Coms en ces lieux le berçait d’indifférence, il n’en était pas de même pour les autres personnes présentes, à commencer par la secrétaire qui se tortilla sur sa chaise comme une excitée.

« C’est donc vrai ! Elea Coms en personne ! »
S’exclama-t-elle avec enthousiasme, une fois que l’obstétricien eut quitté la pièce. La jeune femme leva un regard noir sur la secrétaire, et il ne fallait pas être diplômé de psychomagie pour comprendre qu’elle n’était pas très prompte à évoquer sa carrière passée. Mais c’était quand même trop subtil pour la psyché limitée de Tony, qui n’alla pas aussi loin dans son analyse de la jeune femme.

« Je sais que ce n’est pas vraiment le moment mais… Je pourrais avoir un autographe ? » Demanda la secrétaire en se penchant sur son bureau, zyeutant du côté du cabinet de Paul Nightingale. S’il sortait à ce moment là, elle se ferait probablement incendier ! Il n’aimait pas qu’elle perturbe ses patients. Et là-dessus, il était particulièrement intransigeant, même si la jeune femme n’estimait pas perturber Elea en lui réclamant un autographe.

L’ancienne joueuse de quidditch lui adressa un faux sourire mielleux, avant de se pencher sur sa chaise, elle aussi, comme pour créer un certain état de confidence avec la secrétaire.

« Je vous signerai un autographe le jour où votre boursoufflet sera champion du monde de quidditch. » Affirma-t-elle avec un calme qui ne dissimulait pourtant rien de sa colère. Tandis que la secrétaire se décomposait d’effroi, Tony, lui, eut un vague éclat de rire rauque. Bien que pour ainsi dire imperceptible, il n’échappa pas à Eléa qui se tourna sèchement dans sa direction.

« Quoi ? Vous en voulez un vous aussi ?? »
« Ohla non ! »
Répondit-il de son timbre voilé, à peine plus élevé qu’un souffle, qu’une victime pourrait décrire dans ses signes particuliers si elle venait à faire une déposition à la police. « Sans offense, mais je m’en fous un peu du quidditch. »

Elea se redressa sur sa chaise et l’avisa de son regard bleu, les yeux légèrement plissés. Si elle envisagea de lui répondre quelque chose, elle n’en eut pas l’occasion, puisqu’à cet instant, Paul ouvrit la porte de son cabinet, laissant échapper une patiente dont le visage était bouffi par les larmes. Sans poser un seul regard sur les patients qui attendaient dans la salle d’attente, il s’avança jusqu’au bureau de la secrétaire pour consulter son prochain rendez-vous.

« Madame Lister. » Appela-t-il alors en avisant la pièce avec curiosité. L’unique autre occupante se leva de sa chaise, et ralentit devant Elea.
« Je suis une grande fan ! » Annonça-t-elle avant de disparaître dans le cabinet. Paul observa alors la jeune femme avec attention, avant de lui offrir un bref sourire encourageant, puis de s’en retourner à son tour dans son bureau.

Tony s’enfonça un peu plus encore dans son siège en poussant un soupir las. Et il était bon pour une heure d’attente encore. Nightingale était foutrement en retard ! Dire que lui était obligé de faire acte de présence à une heure précise sous peine d’avoir les aurors au cul, et on le faisait poireauter comme s’il n’avait rien d’autre à faire de sa vie. En plus, il n’avait pas, mais vraiment pas envie de parler d’Azkaban !

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Tony Rosa
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Dernière édition par Antonio Rosa le 28/09/2013, 23:01; édité 1 fois
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MessagePosté le: 21/11/2012, 11:58    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

Elle ne se permit pas de répondre à la remarque lancée par la patiente qui venait de pénétrer dans le cabinet, en voyant le regard du psychomage plein d’encouragement. Elle n’osait pas dévoiler sa mauvaise humeur et ses craintes tout de suite.
Elle n’arrivait cependant pas à s’empêcher de se demander encore pourquoi elle était ici.

À quelques mètres d’elle la secrétaire le nez dans ses parchemins et autres documents marmonnait dans sa barbe sur le comportement de l’ex-joueuse de quidditch.
Elea sachant pertinemment qu’elle était le centre du marmonnage perdait de plus en plus patience.

« Non, mais je vous assure, pour qui elle se prend ! Ce n’est quand même pas quoi un autographe… Je ne vais pas me gêner pour le dire autour de moi »

Elea se leva d’un bon et se dirigea clopinant vers le comptoir.

- Vous n’avez visiblement pas compris quelque chose,…

Interloqué, la secrétaire releva la tête et dans son regard interrogea la jeune femme.

-… quand on vient voir un psychomage, ce n’est pas parce qu’on est sourd !
Elea avait légèrement haussé le ton dans la deuxième partie de sa phrase. La secrétaire tenta tant bien que mal de nier ses propos.

-Mais, mais je n’ai strictement rien dit…
-Arrêter votre manège, qu’est ce que ça peut vous foutre que je n’ai pas voulu vous donner un autographe, vous croyez sérieusement que c’est le moment de m’en demander un, vous croyez que je viens là parce que je suis dans l’état de vous donner un putain d’autographe.
-Non, non mais… je…


Elea ne supportait pas quand les gens n’assumaient pas leurs propos, ça avait le don de la mettre hors d’elle et là l’employé de l’hôpital était le summum.
-Taisez-vous, je veux plus entendre le son de votre voix. Un tel manque de sincérité est vomitif.

À cet instant, la secrétaire fut outrée, c’en était trop, elle avait accepté ce poste pour rendre service durant le congé maladie de sa collègue. Il était hors de question de se faire insulter, presque agresser. Elle se leva ayant bien l’intention d’aller en parler avec son supérieur immédiatement.

-Je ne suis pas ici pour m’occuper des sautes d’humeur d’une folle !
-Je n’en demandais pas tant, mais si vous souhaitez partir, la folle vous dit bon vent.


Énervé Elea alla se rasseoir à côté de Tony, qui la regardait mi-amusé, mi-surpris qu’une si frêle jeune femme soit si rentre-dedans. Pourtant il devrait le savoir, il en avait l’exemple avec Brook.
Elea lui lança un autre regard de tueuse, et Tony se défendit immédiatement de toute volonté de prendre parti pour la secrétaire.
-Je n’ai strictement rien dit !
Elea se radoucit légèrement et abandonna son regard austère. Puis comme pour confirmer ses paroles Tony ajouta.
-Je ne l’aime pas de toute façon… Elle a toujours un commentaire de sainte nitouche.
-Ça ne m’étonne pas. Je suis désolée, les hôpitaux me rendent nerveuse…
-Je vois ça… je n’aimerai pas être votre médicomage…
-Oui ben je n’ai jamais demandé à se que vous le soyez…


Des sous entendus absolument pas, Elea n’avait pas du tout cette idée dans la caboche. Le silence s’installa dans la salle d’attente, la secrétaire n’étant plus là il n’y avait même plus le bruit des parchemins qu’elle tournait et retournait. Et ce silence était de plus en plus oppressant pour la jeune femme.
Des tics nerveux firent leur apparition, plus l’échéance approchait plus Elea se demandait comment ça allait se passer et se qu’elle allait pouvoir raconter à ce psychomage. Elle se passa un film dans sa tête.

« Bonjour, Miss Coms, alors on ne peut plus voler, on ne peut pas faire d’enfant… Mais dites-moi que pouvez-vous faire ?... Mais je, j’ai un magasin et puis je… »


Elea ne put s’empêcher de laisser sortir un petit ricanement d’angoisse. Tony qui regardait par intermittence la jeune femme se leva après son rire étrange, elle était vraiment folle… Mais comme ce genre d’apriori ne le perturbait pas vraiment, il s’adressa à l’ex-joueuse.
-Vous voulez un café pour passer le temps ?
-Pardon ? Elea rêveuse n’avait pas saisi ce qu’il lui avait demandé.
-Je vais me chercher un café, vous en voulez un ?
-Il me faudrait quelque chose de bien plus fort qu’un café…
-Je n’ai pas ça dans mes poches.
-Je me doute bien ! Non, mais un café sera déjà très bien.


Tony revint quelques instants plus tard avec deux cafés brulants dans les mains et en tendit un à la jeune femme.
-Merci.
-De rien, c’est pas le remède miraculeux…
-Oui, humm.
Elle but une petite gorgée brulante puis relança le dialogue. Vous connaissez le Dr Nightingale
-Ouais…
De mauvaises grâces, Tony avait répondu à la question.
-Et il est compétent ?
-Ça… je n’en sais rien, mais il est plutôt cool. Il est carré quoi.
-Humm, je sens que je vais l’aimer.
Évidemment le ton de la jeune femme était ironique.
-Certainement autant que moi ! Tony regarda Elea et lui fit un clin d’œil.
-Dites sans indiscrétion… Généralement avec ce début de phrase Elea commençait à se crisper, ce qu’elle fit. J’ai suivi votre histoire, pourquoi avoir tout arrêté.
Le rire d’Elea sortit une nouvelle fois, puis elle tourna la tête vers le type qui comme elle attendait dans une salle d’attente pour les fous, et sèchement lui répondit.
-Le café ne vous permet pas encore ce genre de question. Pour ça il faudrait que je sois bien plus bourré et le café n’a pas cette propriété.
Tacle !
-Soit ! Tony avait les yeux qui brillaient de malice, une idée venait de traverser son esprit.

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21/11/2012, 11:58
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MessagePosté le: 11/02/2013, 02:16    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

Tony reprit alors sa position initiale, la tête contre le mur, le cul au bout de sa chaise. D’un geste mécanique, il faisait lentement tournoyer son café dans son gobelet, sous son grand regard brun inattentif. Le silence avait repris dans la salle d’attente, seulement interrompu par un cri étouffé de l’autre côté du cabinet. Les lèvres de Tony frémirent en un vague sourire amusé, tandis que le regard d’Eléa passait de la porte au latino, cherchant tacitement des explications. Tony ne les lui servit que par un vague haussement d’épaules.

Les hurlements continuaient sporadiquement, rendant le silence de plus en plus lourd dans la salle d’attente. Tony se tortilla sur sa chaise avec impatience et noya son sourire grandissant dans son café brûlant. Ce genre d’atmosphère était toujours propice à un fou-rire, dont il sentait déjà le fourmillement au fond de sa gorge.

« Quel genre de thérapie est-ce qu’il pratique, ce docteur ? La torture ? » Interrogea Eléa dans un murmure. Tony lâcha un petit éclat de rire.
« J’aurais pas mieux dit… »
« Non mais dites pas ça ! Vous en savez quelque chose vous non ? »
« Wow, wow ! Je suis pas fou ok ? »
« J’ai jamais dit ça ! »
S'exclama Eléa en lui jetant un regard en coin, un peu comme si elle doutait de la clarté de son esprit.
« Ouais bah… Je vous le dis, c’est tout ! » Se renfrogna Tony en grommelant dans sa barbe. Ce fut alors au tour d’Eléa de laisser échapper un sourire, mais elle abandonna la bataille en secouant légèrement la tête.

Le pied de Tony se remit à battre la mesure, et au bout de deux minutes d’un nouveau silence, il se leva prestement de sa chaise. La secrétaire leva mollement la tête sur les dossiers dont elle était en train de s’occuper.

« Où allez-vous monsieur Rosa ? Si vous bougez, j’appelle la sécurité, vous le savez. »

Tony leva rapidement les yeux au ciel, en même temps qu’il remontait son pantalon trop grand sur ses hanches. Eléa, quant à elle, était surprise et ne le masquait pas. Ca ne semblait pas être son genre de masquer les choses.

« Je peux aller pisser au moins ? »

La secrétaire soupira, semblant hésiter, puis le laissa finalement partir. Tony se dirigea nonchalamment au bout du couloir de sa démarche clopinante. D’un vague mouvement de la tête, il s’assura que la secrétaire était de nouveau plongée dans son travail, puis il se précipita rapidement vers la porte des escaliers. Il descendit jusqu’au troisième étage où il évita de justesse la collision avec un convoi de médecins qui trimballaient un patient visiblement à l’agonie au vu de ses hurlements.

Et parmi les médecins, Dan O’Connor, qui passa devant Tony en tournant un regard ahuri sur lui. Le temps qu’il se rende réellement compte de la personne qu’il avait en face de lui, il donna quelques indications au personnel qui l’accompagnait, et, gêné, rejoignit Tony. Les deux hommes se connaissaient assez mal. Ils n’avaient que rarement l’occasion de travailler ensemble, et s’ils s’entendaient cordialement, ils n’étaient pas les meilleurs amis du monde. Dan, en tout cas, se montrait la plupart du temps distant avec Tony, ne le voyant que comme l’une des nombreuses brutes sanguinaires qui arpentaient les rues pavées de Little Swang.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? » Demanda-t-il dans un murmure gêné. Tony à Ste Mangouste, ça ne pouvait qu’être un mauvais signe. D’habitude, le seul couloir de l’hôpital qu’il fréquentait était celui de l’aile psychiatrique pour ses consultations avec Paul.
« T’inquiète, t’as pas la vieille Caro à tes trousses. Pas encore en tout cas… » Répondit Tony avec un rictus moqueur auquel Dan ne répondit que par politesse.
« Si tu n’as rien à me dire alors, je peux retourner travailler. »
« T-t-t… Pas si vite. J’ai besoin de ton aide en fait. »
« Mon aide ? A moi ? »
« J’aurais pu demander à Julia, mais je t’ai trouvé le premier. Puis bon, tu peux rien me refuser, tu le sais… »
« Et pourquoi donc ? »
Interrogea Dan, méfiant.

Tony appuya nonchalamment son bras contre le mur, et de la même manière, leva le regard sur Dan, les sourcils légèrement haussés.

« Parce que contrairement à Caro, moi je suis pas dupe. T’es louche comme mec, et je doute que tu fasses partie de la bande parce que tu partages nos convictions. »

Là-dessus, il pouvait largement remercier Sean qui lui avait fait une réflexion du même genre plusieurs semaines plus tôt. Il soupçonnait son comparse irlandais de jouer un double jeu, et Tony n’avait pu que le croire sur parole. Il n’était pas très bon lorsqu’il s’agissait de sonder l’esprit des gens. En revanche, il avait une confiance infaillible en son instinct, et son instinct lui criait que ce mec ne disait rien qui vaille.

Dan soupira.

« Je ne tuerai personne pour toi. »
Lança-t-il en signe d’assentiment, et Tony eut un léger mouvement de recul, grimaçant.
« Eh mais c’est quoi ce délire de tuer des gens ? Ca n’a rien à voir ! J’ai encore deux heures à tuer avant mon rendez-vous avec le psy, alors je me disais que tu pourrais me confectionner un petit truc en attendant, tu vois ? Une petite recette maison… »
« Quoi, c’est tout ? »
« Bah ouais, tu croyais quoi ? »


***


Quinze minutes plus tard, Tony était de retour dans la salle d’attente. La secrétaire, pas le moins du monde inquiète, semblait avoir oublié son absence, du moins jusqu’à ce qu’il revienne. Là elle lui jeta une œillade courroucée, parce qu’elle avait sûrement compris qu’il ne s’était pas contenté de faire un séjour aux toilettes. Mais Tony n’eut qu’à lui jeter un regard meurtrier pour qu’elle se ratatine sur son siège. Pratique quand elle ne savait de lui que le fait qu’il était un ancien prisonnier d’Azkaban.

« Vous, vous dites un mot et c’est à votre famille que je m’en prends. » Menaça-t-il entre ses dents serrées, joignant le geste à la parole en portant son index à ses lèvres pour la forcer à se taire. Il s’affala sur la chaise à côté d’Eléa dans un soupir, puis après une seconde, tourna la tête dans sa direction et lui offrit un large sourire.

Eléa, perplexe, eut un léger mouvement de recul, pour mieux le dévisager.

« Je n’ai pas tout compris, et je ne suis pas certaine de vouloir tout comprendre. »
« Je promets de pas essayer de tout comprendre de vous si vous en faites de même. »
« Ca me paraît être un bon deal,
» répondit Eléa après avoir feinté une seconde de réflexion.
« Super ! Fêtons ça ! »

Il sortit alors de sa poche le flacon que Dan avait concocté pour lui.

« Qu’est-ce que c’est ? »
« Un truc un peu plus fort que le café… Vous voulez un dessin ? »
« Vous l’avez trouvé ici ? »
« J’ai des contacts. »
« Ca ne m’étonne même pas, tiens ! »
« Ca veut dire quoi ça ? »
Bougonna Tony en servant de l’alcool dans le gobelet que lui tendait Eléa.
« Vous avez juste la tête du mec qui a ‘des contacts’. Eh bien… Santé ! C’est approprié, non ? »

Eléa tendit son gobelet, et, partant d’un faible rire, Tony percuta le flacon contre celui-ci pour trinquer.

« Santé, ouais. »

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Tony Rosa
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MessagePosté le: 01/03/2013, 23:57    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant


Et Elea but cul sec le contenu de son gobelet. La secrétaire scrutait discrètement leurs agissements, ce qui ne lui avait pas échappé.
Mais pour l’instant, elle ne dit rien, elle se contenta de tendre son gobelet à Tony pour qu’il la recharge en carburant.

-Eh oh ! Doucement, je n’ai pas le plein gratuit non plus ici.
-Dommage, je ne suis pas sure que deux ridicules gorgées me suffisent pour prendre sereinement mon entrevue avec votre psy !
-Mon psy, ce n’est pas que mon psy, je vous signale.
Se justifia Tony.
-Techniquement, ce n’est pas encore le mien, et je peux encore décider de faire autre chose que d’aller perdre plus de temps en déballant ma vie. Elle ne put s’empêcher de rajouter une petite phrase. Ce qui visiblement n’est pas votre cas.

On était dans « Tu me nargues, je te nargue », mais de façon gentille pour l’instant.

L’alcool réchauffait un peu plus Elea qui se bascula légèrement en arrière dans son siège et étendit ses jambes. Puis tout à coup alors qu’elle ne s’y attendait pas la porte du cabinet s’ouvrir dans un mouvement relativement franc.

Paul Nightingale laissa sortir la patiente précédente et se retourna pour appeler son prochain patient.

-Tony Rosa.

Bêtement à l’évocation de ce nom Elea se releva légèrement, elle regarda Tony se diriger vers l’entrée sans un mot de plus à son attention. L’ex-joueuse était déçue que son compagnon de salle d’attente parte aussi vite. Elle aimait bien le fait de ne pas attendre toute seule, sachant pertinemment qu’elle n’en aurait pas le courage.

Alors qu’il allait rentrer en suivant les pas de Paul, Tony fit demi-tour et de la porte lança la petite fiole d’alcool en direction de la jeune femme qui le regardait.
Elea l’attrapa sans difficulté.

-Vous avez de beaux restes, finalement…
Puis il rentra dans le cabinet.

Elea avait attrapé la fiole de façon instinctive, elle était certes handicapée par sa jambe, mais ses bras et sa précision était apparemment encore très efficace. Elle-même surprise par son geste, elle ne pensa même pas réagir à la remarque de Tony. Elle regardait juste ses mains tenant la petite fiole et ne se remémorait pas que de bons souvenirs. Notamment la raison de sa présence ici, son incapacité à avoir un enfant à cause de son accident…

Au bout de vingtaine de minutes, c’en fut trop.

Elle défit le bouchon de la fiole et avala le reste du liquide d’un trait. Puis se leva, peut-être un peu trop vite, car sa tête se mit à tourner quand elle fut entièrement à la verticale.
La secrétaire se mit légèrement à ricaner.

-Ça, fallait s’y attendre…

Elea évidemment avait bien entendu. Elle se dirigea vers celle-ci, l’attrapa par le col.

-Vous direz à monsieur Nightingale que j’ai eu une urgence.

Puis elle la relâcha un peu brusquement, et celle-ci émit un petit cri de peur, s’arrangea son chemisier et se recoiffa. Elle n’osa pas aller se plaindre une fois de plus à son patron, mais une chose était sure, c’est qu’elle n’accepterait plus de remplacement dans ce service ! Sont tous fous ces fous !

Elea, quant à elle, avait fait demi-tour, direction : la sortie en ayant bien l’intention de ne pas attendre son tour. Quelle idée elle avait eue ! À quoi ça pourrait bien lui servir ? Dire combien elle regrettait de ne pas pouvoir enfanter à un inconnu ne changerait rien à sa condition.
Et puis elle avait en tête une bien meilleure idée pour oublier toutes ses nouvelles, une façon de digérer bien plus agréable…
Alors qu’elle sortait de St Mangouste elle se rendit compte qu’elle tenait toujours la fiole dans les mains. Elle la fit tournoyer, regarda sa montre et traversa la rue.

« S’il sort par ici, c’est un signe… » Se dit-elle.

Elle s’assit sur un muret et attendit patiemment quelques minutes de plus. Au bout d’une dizaine de minutes, elle l’aperçut qui sortait en regardant autour de lui, les mains enfoncées dans ses poches. Et de sa démarche si particulière, il s’enfonça dans la rue quand il l’aperçut.
Elea lui fit un petit signe, auquel Tony répondit en changeant de direction… Arrivée à sa hauteur il l’interpella.

-Alors on s’est dégonflé.
Voilà comment Elea regrettait presque de l’avoir attendu, mais contre toute attente, elle continua.
-Oui, en fait j’ai bêtement imaginé que vous sauriez où l’on pouvait recharger votre fiole sans poser trop de questions.
-Possible…
-Vous m’y emmèneriez ?
-Possible…
-OK, alors allons-y !
-Eh, j’ai dit possible, pas oui !


Mais Elea était déjà partie, mais Tony n’avait pas bougé. Se rendant compte qu’il ne la suivait pas, elle se retourna.

-M’obligez pas à vous supplier à genoux, j’ai du mal à me relever…

Tony la regarda le sourcil levé, la détailla de bas en haut. L’idée saugrenue qu’elle se mette à genoux pour toute autre chose ne le dérangerait pas, lui traversa l’esprit une seconde. Finalement, il lui répondit simplement.

-Qui vous dit que vous allez dans la bonne direction ?
-Ok, alors je vous suis…


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29 ans,
Baguette de 28,5, en bois d’olivier, avec une aile de fée

Ancienne Pouffsoufle, ancienne joueuse, ancienne droguée hummm... Nouvelle commerçante.

Tu m'as découverte, et tu m'aimes quand même,
alors oui je veux vivre avec toi.
01/03/2013, 23:57
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Antonio Rosa
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MessagePosté le: 04/05/2013, 16:01    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

Tony secoua lentement la tête, mais il ne réussit pas à retenir un mince sourire amusé. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon trop large, la tête légèrement penchée sur le côté, il attendit qu’Eléa le rejoigne.

« Bien ! » Dit-elle dans un sourire, comme si elle annonçait que c’était bon, qu’elle avait fait sa valise, coupé le gaz et fermé les volets, qu’ils pouvaient enfin partir en vacances.
« Si je vous dis que je l’ai eue à l’intérieur-même de l’hôpital, cette fiole… »

Les épaules d’Eléa s’affaissèrent en même temps que son regard bleu s’agrandissait d’effroi.

« Non ! Me faites pas ce coup là, je risquerais de vous en vouloir toute ma vie ! Vous comprenez bien qu’il faut que j’oublie cet événement traumatisant de ma vie où je suis allée chez un psy ! »
« Où vous êtes presque allée, nuance ! »
« Allez, monsieur Contact ! Montez-moi les tripots de la ville, bon sang ! »


Là, Tony partit d’un grand éclat de rire rauque.

« Ah, c’était donc ça ! C’est pas l’alcool que vous voulez, c’est les tripots ! Et qu’est-ce qui vous dit que j’en connais ? »

Aussitôt, Eléa arbora la moue de celle à qui on ne la fait pas. Elle se souvenait encore de son petit manège avec la secrétaire dans la salle d’attente, aussi, elle était absolument certaine que cet homme en face de lui était loin d’être un enfant de chœur. Tout en lui respirait le voyou de base : ses cicatrices, ses tatouages, son allure, et même sa voix de parrain de la mafia ! Elle ne pouvait pas croire que cet homme n’était qu’un pauvre banlieusard résidentiel père de famille et employé au Ministère. Ou alors au niveau zéro, peut-être !

« Voyons… »

Toujours amusé, Tony leva largement les yeux au ciel en laissant échapper un léger râle hésitant. En attendant, Eléa était toujours plantée là, les bras croisés, attendant patiemment qu’il se décide enfin à lui faire vivre la grande aventure.

« Pourquoi vous voulez faire ça ? Et pourquoi avec moi, en plus ? »
« C’est l’alcool. »
Confia Eléa avec une petite moue mutine. « Nous sommes indéfectiblement liés, maintenant. »
« Indé-quoi ? »
« Vous changez de sujet ! Je ne vous pensais pas aussi petit joueur ! »


Tony lâcha une exclamation offusquée.

« C’est vous qui avez changé de sujet la première, je vous signale ! Je vous emmènerai nulle part tant que vous aurez pas répondu à ma question. Eh ! » Il haussa les épaules et écarta légèrement les bras, affichant un air qui mêlait la malice et la satisfaction.

Eléa, en face de lui, le regarda longuement, avant de s’octroyer finalement un léger sourire amusé, qui se transforma à son tour en un bref éclat de rire.

« Bon, d’accord ! Vous avez gagné ! Je ne sais pas pourquoi je fais ça. Je ne sais même pas pourquoi je vous parle encore ! J’ai… Juste envie de me changer les idées. Vivre dangereusement. C’est une mauvaise journée… »
« Dire que vous avez failli dire ça sur le banc d’un psy ! Bon, j’vais vous dire un truc : je connais un tripot. Vous avez rien contre les russes ? »
« En dehors d’une défaite en championnat d’Europe en 76 ? Non. »
« Et contre les marchands d’armes ? »


Tony, qui l’avait guetté, remarqua tout de suite la crispation dans le corps d’Elea. Eh, c’était elle qui avait dit qu’elle voulait vivre dangereusement ! Lui ne faisait que s’adapter.

« Vous blaguez. »

Muet, Tony se contenta de hausser nonchalamment les épaules. Mieux valait pour elle qu’elle n’en sache pas trop non plus. Et puis si ça tournait mal, elle ne pourrait pas affirmer qu’il ne lui avait rien dit !

« Alors ? »
« Je dois être complètement folle de faire ça… Mais oui, allons-y ! »


Tony, grand seigneur, tendit alors son bras à Elea, qui s’y accrocha, et ils disparurent tous les deux dans un plop sonore.

***


« Et comment vous vous sentez face à cette nouvelle situation ? » Interrogea Paul avec patience.

Patience. C’était bien le maître mot de ses entretiens avec Tony Rosa. Les patients qui n’étaient pas dans son cabinet par choix étaient beaucoup plus difficiles à appréhender que les autres. Pourtant, et dans le cas de Tony en particulier, c’était tellement plus proche de ce qu’il avait vécu quotidiennement à Chicago. Il fallait croire qu’il s’était vite habitué au confort d’un cabinet en compagnie de patients consciemment névrosés.

Mais il pouvait compter sur les doigts d’une main le nombre de séances réellement productives avec Tony Rosa. Le sujet était pourtant loin d’être inintéressant. Mais peu, bien trop peu bavard.

« Pensez-vous que cela va changer votre relation avec Brooklyn ? »
« Je crois pas, non… »
« Pourquoi ? »
« J’sais pas… »
Tony soupira, ennuyé. « On était déjà un couple avant, on sera encore un couple après. Tout le monde fait des enfants, c’est bon ! C’est pas insurmontable. »
« Mais par rapport à votre situation… »


Se laissant immédiatement aller à l’agacement, Tony renversa la tête en arrière en émettant un léger grognement.

« Je vous vois venir ! Qu’est-ce qu’ils disent les psys, déjà ? Que les enfants reproduisent le ‘schéma familial’ ? » Il mima les guillemets avec ses doigts pour bien insister sur le ridicule de la formulation. « Bah ça tombe bien, j’ai jamais eu de schéma familial. »
« Mais vous avez été abandonné par vos parents, rejeté par votre famille d’accueil… »


A cette évocation, Tony fit sournoisement craquer ses doigts, enjoignant Paul d’un simple regard de ne pas aller plus loin dans ses suppositions. Le psychomage poussa un léger soupir et se renversa à son tour dans son fauteuil, affrontant calmement le regard de Tony sans ciller, même si son rythme cardiaque s’était légèrement emballé. Mais il lui en fallait plus pour se laisser intimider.

« Ok. Passons à un autre sujet… Vous ne voulez toujours pas me parler d’Azkaban ? »

Les paupières de Tony s’abattirent lentement sur ses grands yeux bruns, et il prit une grande inspiration.

« Paul. »
« Oui ? »
« J’ai vraiment les poings qui me démangent, là. Je vous ai déjà dit, et je continuerai à vous le dire : je ne veux pas parler d’Azkaban ! Jamais j’en parlerai, putain ! JA-MAIS ! »
« Pourquoi ? »
« Vous êtes déjà allé à Azkaban ? »
« En visiteur, oui… »
« En visiteur ? Ca existe les visites, là-bas ? »
« En tant que psy, oui, malheureusement… »
« Eh ben j’imagine que ce que vous avez sûrement vu là-bas suffira à ce que vous compreniez pourquoi je veux pas en parler. Et si vraiment ça vous échappe, je vous en prie, retournez-y ! »
S’enflamma-t-il, avant de se lever brusquement et de quitter le cabinet sans un mot de plus.

Il eut un instant d’arrêt sur le pas de la porte en constatant que la petite championne de quidditch n’était plus dans la salle d’attente. Dommage, il aurait bien volontiers récupéré sa fiole, là. Non sans jeter un dernier regard assassin à la secrétaire, il claudiqua jusqu’à l’ascenseur, ne s’imaginant pas encore qu’Elea l’attendait quelques mètres plus bas.

_________________
Tony Rosa
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04/05/2013, 16:01
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Eléa Coms
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MessagePosté le: 30/06/2013, 15:12    Sujet du message: Entre deux... Répondre en citant

Ils arrivèrent tous les deux dans une petite rue étroite qui n’avait rien d’accueillant. À intervalle régulier et malgré l’heure précoce, jonchaient à même le sol de pauvres âmes en détresse, avec autour d’elles des cadavres de bouteilles consommées.
Elea regardait ce triste spectacle quand Tony l’interpella.

-Nous y voilà ! Il se retourna pour voir si la jeune fille avait bien transplané. Visiblement pas trop mal puisqu’elle se tenait debout juste derrière lui.

-C’est où exactement ? Elea ne voyait pas vraiment où il allait. Aucune porte avec devanture n’apparaissait à proximité, après réflexion aucune porte n’apparaissait tout simplement.

Tony un petit sourire en coin lui fit un signe. Sur leur gauche un petit escalier descendait au niveau inférieur, et effectivement quand Elea se pencha légèrement elle put apercevoir une porte. Tout à coup, elle se dit que faire une virée avec un type qu’elle ne connaissait pas dans les tripots de la ville n’était peut-être pas la meilleure idée qu’elle ait eue. Son cœur s’emballa un peu, mais elle tenta de ne rien laisser paraître, après tout elle l’avait voulu.

-Bon alors on se dégonfle, ou on y va ? Tony était quasiment persuadé que leur petite virée allait finalement se terminer avant d’avoir commencé, en même temps il n’avait pas que ça à faire de toute sa journée. Mais la réponse ne fut pas celle qu’il attendait.

-Allons-y, je vous suis ! Elea et sa fierté mal placée l’avaient empêché de refuser la proposition.

Les épaules de Tony s’affaissèrent, c’est qu’elle était persévérante cette demoiselle. Puis il se décida à avancer en direction de l’escalier pour le prendre, Elea le suivait de près. Arrivée devant la porte Tony frappa de trois coups la porte métallique. Le vasistas s’ouvrit pour laisser qu’une seule paire d’yeux regarder à l’extérieur. Tony la salua, quant à Elea, elle s’était mise un peu en retrait derrière le beau Portoricain, comme si ça allait changer quelque chose.

Les yeux derrière la porte disparurent, aussitôt suivis d’un cliquetis de serrure. La porte s’ouvrit sur son gardien, et comme se l’était déjà imaginé Elea, il n’avait rien de charmant. Grand, costaud, finalement à côté de lui Tony semblait être un enfant de choeur.

Il fit un signe du menton au Portoricain en direction d’Elea dont le visage ne lui semblait pas inconnu, mais sans toute fois arriver à mettre un nom dessus. Son petit cerveau imaginait déjà faire une impasse impardonnable envers la femme ou la fille d’un de ces patrons.

-C’est qui la gazelle ?
-Personne, elle m’accompagne pour le fun…
Elea lui adressa un léger sourire.

Le videur sembla soulagé de sa réponse et s’écarta pour les laisser passer. Ils avancèrent tous les deux dans un petit couloir sombre, jusqu’à atteindre une autre porte qu’ils poussèrent.

La salle était petite sans lumière naturelle, et sentait allègrement un mélange d’alcool, de transpiration et de tabac.

-Hum, charmant… Elea ne put retenir sa petite réflexion. Tony fut prompt à répliquer.
-Vous vous attendiez à un palace ?
-Non pas vraiment.


Ils se dirigèrent tous les deux vers le bar. Ici le choix était restreint, bière ou whisky. Tony ne prit même pas la peine de demander à Elea ce qu’elle voulait et commanda deux whiskys. Qui leur fut servi avec une vitesse remarquable, Tony en donna un à Elea et prit le sien dans la main. La jeune femme, qui s’était laissé faire jusque-là, pris le petit verre, le regard interrogatif.

-La bière est dégueulasse ! Furent les seuls mots de Tony avant d’avaler cul sec son verre. Imité rapidement par l’ex-joueuse.

À peine posé sur le comptoir le verre se re-remplit d’un simple signe du Portoricain. Ils burent encore deux ou trois verres d’affilés, quand un homme tout aussi suspect que les autres apparut dans l’embrasure d’une porte et fit signe à Tony de s’approcher.

-Humm les choses sérieuses vont commencer ! Je reviens. Déclara Tony, légèrement amusé par ce qui allait suivre, après tout ils étaient dans un tripot et qui dit tripot, dit jeux illégaux.


**********************************************


-Pouvez-vous m’expliquer votre attitude de la dernière fois ?
Paul se tenait en face de l’ex-joueuse le visage sérieux, il attendait évidemment une réponse sincère de la jeune femme.

Elea, elle était assise dans un fauteuil confortable, et ne s’attendait pas à rentrer dans le vif du sujet si rapidement. Quand la secrétaire du psy l’avait contacté par hibou, elle avait tout d’abord laissé la lettre de côté. Mais elle s’était vite rendu compte qu’elle était obligée de répondre, si elle voulait être tranquille.

D’après le courrier, la réponse ne devait pas obligatoirement être positive, mais il fallait qu’elle prenne une décision. Allait-elle suivre une thérapie oui ou non.
Dagan était parti tôt le matin en ne lui adressant qu’un simple bonjour et ça faisait trois jours que ça durait, il faut dire qu’il n’avait pas spécialement apprécié le retour de son amoureuse à 5h00 du matin et dans un état plutôt pitoyable…

Alors à contrecœur, elle avait répondu positivement à la lettre qui lui demandait de confirmer le rendez-vous le lendemain. Voilà comment elle s’était retrouvée de nouveau à St Mangouste, où elle avait failli une fois de plus partir de la salle d’attente, se demandant ce qu’elle faisait là…
Mais cette fois il n’y avait pas eu de beau et ténébreux Portoricain pour l’embarquer dans une folle aventure. En pénétrant dans le bureau du psy elle avait souri en y repensant.
Maintenant, elle souriait moins, car Paul attendait toujours une réponse, dont elle n’avait absolument pas la réponse.

-Je voudrais bien savoir… Dit-elle. La peur certainement…
-La peur ? Vous pouvez détailler ?
-Non pas vraiment !
-Elea pourquoi vous êtes venue ?
-Sincèrement, pour prouver à mon futur mari qu’il ne faut pas qu’il s’inquiète.
-Pourquoi, il devrait s’inquiéter…
Paul parlait avec un calme absolu qui aidait réellement Elea à lui répondre.
-Disons que j’ai eu une petite aventure après notre rendez-vous manqué, et qu’il n’a pas vraiment apprécié !
-Et comment prenez-vous le fait de l’avoir trompé ?
Elea fut offusquée de la question, s’imaginant évidemment une tromperie charnelle.
-Non, mais ça va pas ! Je n’ai pas eu de relation avec un autre homme !
-Je n’ai pas dit ça, vous savez mademoiselle, on ne trompe pas que physiquement quelqu’un. Et si vous ressentez le besoin d’avoir une relation avec un autre homme, ce n’est pas à moi de vous juger. Donc, vous vous sentez comment ?


Elea se renfrogna légèrement. Elle savait pertinemment que Dagan avait ressenti sa petite escapade comme une tromperie. Il avait certainement imaginé bien pire. Et à cet instant même en se remémorant tout ce qu’elle avait vécu, elle se sentait mal. Une boule était apparue dans son ventre. Mais la jeune femme gardait le silence

-Elea, si vous ne me parlez pas, quel est l’intérêt de venir ? Je ne vous ai ni obligé, ni forcé.
-Je sais mais… Ce n’est pas si évident que ça, je ne sais pas quoi dire…
-Et si vous commenciez par le début, l’événement qui vous a changé, psychologiquement et… physiquement.


Le cœur d’Elea se serra, elle avait toujours catégoriquement refusé de parler de son accident, même Dagan avait eu très peu de détail, Louisa encore moins.
Finalement, c’était peut-être Muse qui en savait le plus quand Archibald l’avait présenté, ils en avaient parlé plusieurs fois.

-Elea, allez-y, je ne vais pas vous manger, ni me moquez de vous, si commenciez par m’expliquer ce qu’il est arrivé lors de ce match, et ce qui c’est passé juste après.
-Je… J’imagine que vous avez vu comme tout le monde ce qu’il est arrivé.
À cette époque, les images et la description de son accident avaient été retransmises dans tous les journaux du monde sorcier. Paul lui fit un signe de tête affirmatif, mais ne s’arrêta pas là.
-Ce n’est pas la façon dont ça s’est déroulé que je veux que vous m’expliquiez, mais la façon dont vous vous l’avez vécu. Et ce qui reste dans votre tête, ce que vous ressentez de cet évènement cinq ans après.
-De la honte, et de l’incompréhension…
L’ex-joueuse commençait à être un peu plus à l’aise.
-Qu’est ce que vous ne comprenez pas, votre handicap ? Elea émit un petit rire nerveux.
-Non ça, croyez-moi je comprends bien que je ne peux plus marcher comme avant, ni courir, ni avoir d’enfant… La fin de sa phrase avait été prononcée dans un léger souffle, et sa vue avait commencé à se brouiller.
-Bien, alors qu’est ce que vous ne comprenez pas ?
-Pourquoi ça m’est arrivé à moi, et ne me sortez pas que c’était un accident, qu’il n’y a pas de raison apparente. Ce cognard n’avait pas une attitude normale.
-Ok, il me semble qu’il y a eu une enquête, qu’effectivement certaines fautes ont été prouvées et que les coupables ont été condamnés. Ça ne vous a pas soulagé ?
Avant son rendez-vous d’aujourd’hui Paul s’était replongé dans cet accident et toute l’affaire qui en avait suivi. Il faut dire que l’événement avait défrayé la chronique pendant des mois après l’accident et l’arrêt précipité de la carrière de la jeune femme.
-Je n’ai pas retrouvé pour autant l’usage de mes jambes !
-Certes… Mais ça vous savez que ce ne sera jamais possible, et qu’il faut que vous appreniez à vivre avec. Vous n’êtes pas pour autant totalement infirme, il me semble !


Il n’avait pas tort, mais Elea n’aimait pas qu’on le lui rappelle…

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30/06/2013, 15:12
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