L'Héritage des Ténèbres Index du Forum
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Présumé innocent

 
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Heidi Reichmann
Ministère

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MessagePosté le: 04/03/2013, 22:47    Sujet du message: Présumé innocent Répondre en citant

PublicitéSupprimer les publicités ?
HORS JEU

Le topic suivant a pour cadre l’audition et le blanchiment de Lucius Malefoy après la disparition de VSQ.

Comme nous n’avons que peu d’informations sur le sujet (si ce n’est qu’il a affirmé avoir été soumis au sortilège de l’Imperium), la liberté est totale dans ce topic et en dehors du « procès », plusieurs aspects peuvent être traités (enquête du Ministère, réactions de la population etc), tant que cela reste cohérent.

Ainsi TOUT LE MONDE peut y participer, que ce soit avec vos propres personnages et/ou divers PNJ (aurors, avocats, juges etc). NB : les Malefoy sont des PNJ aussi, et vous pouvez donc les faire intervenir sans complexe.

Bon jeu !
_________________
HEIDI
21 ans
Etudiante en alternance au Mangemagot

.: Soyons excessivement libres, intensément fous :.


Dernière édition par Heidi Reichmann le 04/03/2013, 23:01; édité 1 fois
04/03/2013, 22:47
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Heidi Reichmann
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MessagePosté le: 04/03/2013, 22:58    Sujet du message: Présumé innocent Répondre en citant

Aube du 1er novembre 1981

La fuite n’était pas une option.

- Non arrête !

La jeune femme stoppa son geste, alors qu’elle s’apprêtait à jeter au feu le masque de mort de son époux. Elle se retourna vers ce dernier, qui après avoir accusé en silence la disparition de son Maitre, puis le patronus de Bellatrix, annonçant l’arrivée des Aurors chez elle et les sommant de partir, avait maintenant pleinement recouvré ses esprits. Il se leva du canapé, le visage dur, et lui arracha le masque des mains.

- Mais qu’est-ce que tu fais Lucius ? Bien sûr qu’ils vont nous tomber dessus ! Ils soupçonnent déjà Bella et Rodolphus, qu’est-ce qui te fait croire qu’ils ne viendront pas jusqu’à toi ?! Ce n’est pas le moment d’être nostalgique ! Il faut se débarrasser de ça !

Narcissa était clairement submergée par la panique. A deux doigts de craquer, elle s’agitait, soucieuse de faire disparaitre de sa demeure la moindre trace de leur implication auprès de Celui-Dont-On-n’était-Pas-Près-De-Prononcer-Le-Nom. Lucius, lui, paraissait calme.

- Bien sûr qu’ils viendront… mais rendons-nous à l’évidence, certaines choses ne pourront pas être cachées…

Et comme pour illustrer son propos, il souleva la manche de son veston. La marque des Ténèbres était toujours largement visible, et constituait à elle-seule une perpétuité probablement méritée à Azkaban. Cissy, vêtue d’une de ses magnifiques robes de nuit satinées, fut parcourue d’un frisson.

- Mais qu’est-ce qu’on va faire ?...

Ses dernières barrières s’écroulant peu à peu, elle jeta un regard désespéré à son mari, qui posa une main rassurante sur son épaule, avant de l’amener à lui. Alors qu’il la serrait contre son torse, la jeune femme ne retint pas davantage ses larmes. Autant le dire : c’était une catastrophe !

- Shhh… Calme-toi, ma Cissa… On va trouver une solution…

Il la serra un peu plus, déposant un baiser sur ses cheveux clairs, joliment décoiffés.

- Il faut d’abord enlever tout ce qui pourrait être douteux ici. Il faudra prétendre que tu n’étais au courant de rien, tu n’es pas marquée, ils n’auront rien contre toi… Nous devons d’abord te protéger toi… pour protéger Drago…

De l’absence d’une mère… mais de celle d’un père ? Narcissa ne retint pas un sanglot. Elle se détacha de l’étreinte de son mari auquel elle jeta un regard de boursoufflet abattu, rempli de larmes.

- Oh Lucius… mais toi ?

- Pour moi… il nous faudra un plan solide…
répondit-il la mine grave.

Il attira de nouveau sa femme contre lui, autant pour la réconforter que pour y puiser l’énergie nécessaire… car si pour un Malefoy, la fuite n’était pas une solution, Azkaban n’était pas davantage envisageable…

***

Un mois plus tard, le Ministère était toujours en ébullition : les interpellations, auditions, procès s’enchainaient, au rythme des enquêtes et des délations. Le Niveau 2 était tout particulièrement concerné ! Que ce soit dans le bureau des Aurors, qui tenaient là leur revanche sur leurs nombreuses défaites, ou le service du Mangemagot, et tout ce qui gravitait autour, personne ne chaumait ! C’était à la fois très excitant et complètement éreintant.

Heidi, pour sa part, avait rejoint les équipes moins de trois semaines auparavant. A raison de trois jours par semaine, elle secondait Georgette Delajungle au service administratif du Mangemagot. Ensemble, elles géraient donc toute la paperasse relative aux procès : les appels à comparution, les procès-verbaux, la mise en état des dossiers, l’authentification des actes de juridiction… bref tout un programme ! C’était une vraie première expérience pour la jeune étudiante en droit, et elle adorait ça ! D’autant qu’aussi étranges les anglais soient-ils, ils lui avaient réservé un excellent accueil. D’ailleurs, alors que la jeune allemande avait la tête plongée dans un amas de parchemins, la tête d’Antony apparut dans l’encadrement de la porte de son bureau.

- Tu as cinq minutes pour une petite pause ?

Heidi leva les yeux vers le garçon, et fit une moue désolée. Elle répondit avec un accent germanique très léger.

- ça va être compliqué… J’ai une audience en début d’après-midi. Je dois finaliser le dossier.

- Mangemort ?

- Hum…

La jeune fille fit un léger sourire, s’amusant à créer un suspense qui n’avait pas lieu d’être. Antony s’approcha de son bureau en rigolant… il n’y avait rien qui ne finissait pas par rejoindre un jour ou l’autre son antre : les archives !

- Tu parles, dans quelques jours, ton affaire finira chez moi !… C’est un gros dossier ?

- Pas vraiment… gros client si j’ai bien compris, mais c’est déjà plié si tu veux mon avis…

- C’est qui ?

Il attrapa un parchemin sur lequel il lut : Lucius Malefoy.

- Ah mais oui, je l’ai lu dans la Gazette ce matin !

***

Retour au 1er novembre 1981

Il était 11h du matin, et les bureaux des Aurors étaient presque déserts. Ce n’était hélas pas le cas du couloir, où un nombre incalculable de journalistes faisait le pied de grue, dans l’attente d’une exclusivité quelconque !

- Mr Malefoy ! Que pensez-vous de la disparition de VSQ ? Est-il vrai que votre belle-sœur a pris la fuite ? Mr Malefoy !

Le grand blond tentait tant bien que mal de se frayer un chemin dans la cohue, tout en ignorant les questions… Il n’était pas homme à se justifier ! Il poursuivit son chemin, d’un pas fier et parvint sans trop de difficulté à l’intérieur de la ruche, un agent de sécurité ayant sans mal reconnu le notable. Il se présenta ainsi devant Agnes, véritable cerbère des Aurors. Elle lui jeta un regard glacial.

- Je désirerais m’entretenir avec un responsable…

- Nos responsables sont occupés !!
enchaina-t-elle d'un ton cinglant.

Lucius fut tenté de rabattre son caquet à cette mégère ménopausée, mais il se retint, et montra soudainement un manque d’assurance, plus ou moins maitrisé. Son plan s’enclenchait maintenant…

- J’ai des informations à leur donner… sur VSQ… et ses Mangemorts…
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HEIDI
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04/03/2013, 22:58
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Jake Jones
Auror

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MessagePosté le: 07/03/2013, 22:35    Sujet du message: Présumé innocent Répondre en citant

3 novembre 1981, 2h47
Londres


C’était la première fois, depuis l’appel d’urgence reçu dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, que Jake se couchait dans son lit et non dans un des lits de camp de la salle de repos des Aurors. Ce serait aussi la première fois depuis cette fameuse nuit qu’il pourrait enchaîner plus de trente minutes de vrai sommeil. Il en trépignerait presque s’il n’était pas aussi épuisé.

Avec un soupir de contentement, il se glissa avec toute la délicatesse d’un calamar géant sous les draps, se tournant immédiatement vers la source de chaleur près de lui. Morgane grogna un peu dans son sommeil, mais il l’attira contre lui malgré tout, trop heureux de la sentir entre ses bras. Ils avaient beau avoir encore beaucoup de choses à mettre au point entre eux, il savait qu’il était finalement tombé amoureux d’elle, de son caractère bien trempé et de son joli ventre arrondi par son cinquième mois de grossesse.

Il n’avait pas dû être aussi délicat qu’il le pensait car la douce voix de sa compagne s’éleva finalement entre eux, empâtée de sommeil :

« C’a été aujourd’hui ? Je t’ai à peine aperçu ce matin.
– Dur, on a eu plusieurs auditions, dont celle d’un artisto haut placé. Ça promet de faire pas mal de vagues quand la presse sera au courant.
– Tu repars quand ?
– J’ai vingt-quatre heures de repos. Rendors-toi, on discutera demain, »
lui intima-t-il en déposant un baiser sur sa nuque.

Un léger murmure lui répondit et il la sentit se détendre contre lui. Il ferma lui aussi les yeux et s’endormit plus rapidement que jamais.

***

Deux jours plus tôt

La déclaration de Lucius fit son petit effet sur la Ruche : tous les Aurors présents se figèrent, soudainement muets et les yeux ronds comme des boursoufflets. Agnès elle-même resta interdite un instant avant de se lever, de contourner son bureau et de faire signe à Lucius de la suivre. Elle s’arrêta bien vite devant la porte pendant le nom de Rufus Scrimgeour, précédé de la mention « Commandant ». Elle frappa un unique coup sec avant d’ouvrir la porte.

Le jeune aristocrate entra à sa suite alors qu’elle s’approchait du Commandant qui le regardait d’un air circonspect mais pas vraiment étonné. Agnès murmura quelques mots avant de sortir, refermant la porte derrière elle. Lucius resta debout au milieu de la pièce, regardant avec une certaine gêne, feinte, autour de lui. Le bureau était étonnamment bien rangé, bien qu’envahi de piles de dossiers.

Après quelques minutes supplémentaires de silence, Scrimgeour recula sa lourde chaise à roulettes et se leva, venant se placer devant Lucius. L’homme était un peu plus grand que lui, le cheveu flamboyant digne d’un Weasley et la peau blanche du bureaucrate endurci. Ses petits yeux brûlaient du feu de la justice et du triomphe quand ils plongèrent dans ceux de Lucius.

« Monsieur Malefoy, que nous vaut le plaisir de votre visite ?
– Comme votre secrétaire vous en a certainement informé, j’ai des informations à vous transmettre.
– Et qu’attendez-vous en retour de ces informations, monsieur Malefoy ? Car nous savons vous et moi que rien n’est jamais gratuit avec votre famille… »


Lucius accusa le coup avec stoïcisme, se refusant à laisser l’insulte l’atteindre. Certes, son père avait longuement eu à faire avec Rufus au début de sa carrière ministérielle, le jeune employé qu’il était alors faisant preuve d’un zèle qui avait failli leur coûter cher, et depuis quelques mois, Lucius comprenait mieux les tracas que pouvaient causer le nouveau Commandant de la Brigade.

« Je demande la mise sous protection de ma famille, rien de plus. Notre fils est encore jeune, je ne veux pas qu’il soit mêlé à tout ça, pas plus que ma femme.
– Pour votre fils, je peux comprends, mais pour madame votre femme, je ne peux garantir que son nom ne paraîtra pas dans les archives ni dans la presse, vous le savez. Nous pourrons contrôler la parution de photos, mais le monde sait le prénom et la famille d’origine de votre femme. Les gens parleront forcément.
– Très bien, mais pas de photo d’eux à la une des torchons de ce pays
, exigea Lucius.
– Bien, bien, » tempéra Rufus.

Il fit un pas en arrière, désignant le fauteuil à son invité avant de retourner au sien. Il posa ses deux coudes sur le bureau et prêta toute son attention à son vis-à-vis.

***

10 novembre 1981
À la limite du domaine de Loch Maree Rose


Bellatrix laissa son regard errer sur la large étendue d’herbe grasse qui s’offrait à elle. Au loin, entre deux collines verdoyantes, elle apercevait la flèche de la plus haute tour du manoir Loch Maree Rose. Sa gorge se contracta alors qu’un accès de rage l’envahissait. Elle retint le hoquet qui menaçait de sortir de sa bouche à tout instant et détourna ses yeux embués.

Son regard rougi tomba alors sur les deux hommes dont le feu de camp découpait les silhouettes à contre-jour. Du bout du doigt, elle vérifia que les barrières autour de leur campement étaient bien en place, puis elle revint prendre sa place le plus loin possible des deux frères. Cela faisait des jours qu’elle n’avait plus adressé un mot à Rodolphus ni à Rabastan. La routine de leur fuite s’était bien vite installée : bouger la nuit, établir le campement à l’aube, rester cachés la journée et recommencer à la nuit tombée.

Ils arrivaient à grapiller des nouvelles du monde magique de temps en temps, mais préféraient rester à l’écart des villes autant que possible. Le regard perdu dans les flammes, elle se dit qu’elle s’était étrangement bien adaptée à cette vie sans confort et sans lendemain. Et puis elle se fit la réflexion qu’après tout, elle n’avait plus rien à perdre : Logan était mort, elle ne partageait désormais plus qu’un patronyme avec son mari, tous leurs biens avaient été saisis par le Ministère et elle ne pouvait même plus prendre contact avec sa sœur sans risquer de lui porter préjudice.

Penser à Cissa lui rappela la une de la Gazette lut quelques jours plus tôt : Lucius s’était livré aux autorités, prétextant avoir été placé sous Imperium pendant des mois pour échapper à des poursuites. Son audition n’avait pas encore eu lieu, mais elle ne doutait pas qu’il avait à sa botte les meilleurs avocats du barreau magique et les dessous de table assez épais pour évier quelque condamnation.

« Elle est encore en rogne, fit alors remarquer Rabastan, ses petits yeux vicieusement vissés sur elle depuis l’autre côté de l’âtre ouvert.
– Et tu es encore en manque, mon cher beau-frère. Tu devrais aller te trouver une catin à troncher au fond des bois, j’aimerai passer une journée sans tes remarques inutiles, renchérit-elle froidement.
– Oh, mais je n’ai pas à aller aussi loin, ne t’en fais pas pour moi. »

Le coup d’œil en coin qu’il lança alors à Rodolphus lui souleva le cœur et elle fixa sur eux un regard encore plus chargé de haine qu’il ne l’était auparavant.

« Tu n’es qu’un pauvre bâtard dégénéré, pas étonnant que votre père t’ait…
– IL SUFFIT ! »


La voix rauque de Rodolphus les fit sursauter tous deux et ses yeux noirs dardaient sur Bella toute l’indifférence qu’elle lui faisait désormais ressentir.

« Je ne veux plus vous entendre, ordonna-t-il.
– Mais je n’ai plus aucun ordre à recevoir de toi, mon amour, susurra-t-elle. Sauf si tu souhaites mourir. N’oublie pas que pour ça, je suis là. Je serai toujours là. »

Sur cette promesse, elle lui tourna le dos et s’emmitoufla dans les plis de sa cape chauffante. Elle attendit que les deux hommes se soient installés pour se reposer avant de rouvrir ses paupières et de braquer ses pupilles sur le sous-bois face à elle.

Ce jour-là encore, elle ne dormit pas, le cerveau bercé par cette voix qu l’appelait à se venger.
_________________
Jake Jones
24 ans

Ancien voyou en reconversion...
07/03/2013, 22:35
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October Bell
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MessagePosté le: 11/04/2013, 18:20    Sujet du message: Présumé innocent Répondre en citant

30 novembre 1981

La porte claqua d’elle-même derrière October, qui n’eut même pas un sursaut, tandis qu’immobile, dos au bureau de Cuffe, elle réfléchissait déjà au sujet qu’il lui avait confié. Si c’était à elle qu’il avait demandé de traiter de cette affaire, ça n’était pas pour n’importe quelle raison. Chacun des journalistes de la Gazette avait sa spécificité, sa manière d’aborder les sujets. Pour un même thème, on n’envoyait pas October ou Harold pour les mêmes raisons, et si en l’occurrence, Cuffe lui avait demandé à elle de pondre un article sur le procès de Lucius Malefoy, l’idée était évidemment de prendre parti contre le Ministère.

Car les rumeurs circulaient depuis que Malefoy s’était volontairement rendu au bureau des aurors plusieurs semaines plus tôt. La Gazette, depuis ce moment-là, avait relayé toutes les informations le concernant, et il n’y avait pas une seule âme en ville qui n’était pas au courant de l’audience du présumé Mangemort ce jour. Mais au-delà de la Gazette, le bruit courait : il y avait anguille sous roche ; Malefoy n’était pas celui qu’il prétendait être, à savoir un innocent malencontreusement ensorcelé par Voldemort et ses sbires, et victime de la Terreur du Mage Noir. Personne n’y croyait.

… Et October encore moins que les autres ! C’était bien pour cela que Cuffe ne lui avait jamais permis de travailler sur le sujet jusqu’à présent.

« Tu as l’air bien songeuse… » Lui fit remarquer Melo, qui venait se ravitailler à la machine à café juste à côté.
« Cuffe m’envoie à l’audience de Malefoy. » Répondit October d’une voix blanche, et Melo haussa un sourcil surpris.
« Vraiment ? Et quelles sont les conditions ? »
« Il n’y en a aucune. »
« Eh bien… Si même Cuffe est convaincu qu’il est coupable… C’est sûrement qu’il est coupable ! »


October eut un vague éclat de rire et secoua brièvement la tête, avant d’abandonner Melo, aller prendre rapidement ses affaires dans son box et se rendre directement au Ministère. Elle savait déjà par qui elle allait commencer son interrogatoire.


***


« Salut frérot ! » S’exclama-t-elle en se jetant presque dans le fauteuil qui faisait face au bureau d’Amaury Bell, avocat, c’était écrit sur la petite plaquette. Le susnommé leva sa plume de son parchemin et ses yeux sur sa sœur, s’octroyant à peine un bref soupir impatient.
« Je n’ai pas le temps Tobey. L’audience préliminaire de Malefoy commence dans une heure. »
« Justement, c’est pour ça que je viens te parler ! »
« Tu sais comment ça finira si je te parle de cette affaire. Tu ne pourras pas t’empêcher d’en parler dans l’un de tes articles, tu jetteras l’opprobre sur le Ministère, Cuffe t’en voudra, et peut-être que cette fois, enfin, tu seras virée. »
Il acheva sa sentence d’un sourire sadique qu’October choisit d’ignorer. Elle se glissa sur le rebord de son siège, et levant un regard malicieux sur son frère, elle lui adressa un mince sourire plus révélateur que tous les mots du monde.

Amaury soupira franchement et reposa sa plume dans son encrier.

« Je ne te crois pas. » Affirma-t-il en s’enfonçant calmement dans son fauteuil.
« Je n’ai rien dit encore ! »
« Mais tu essayes de me faire croire que Cuffe t’a confié le sujet. »
« Je n’essaye pas de te le faire croire. C’est vrai ! »

« C’est ça… »
« Et quand bien même… Je fais ce que je veux ! Et puis Cuffe m’a confié le sujet ! Alors parle-moi s’il te plait ! Sinon je vais voir ta grande copine Stalker, qui se fera un plaiiisir de casser du sucre sur ton dos. »


A l’entente de ce nom, Amaury leva franchement les yeux au ciel. Frances Stalker était l’avocate qui s’occupait de la défense de Malefoy, et accessoirement la plus redoutable rivale d’Amaury au barreau sorcier. Sa célébrité dans le monde des avocats sorciers de Londres lui conférait une certaine surpuissance qui énervait au plus haut point l’épris de justice qu’était l’aîné des Bell.

« J’ai toujours trouvé que c’était un comble pour un avocat de s’appeler Stalker. Je trouve qu’elle porte très bien son nom ! » Dit-il amèrement.
« Qu’est-ce que tu penses de ce procès à venir, celui de Lucius Malefoy ? Tu penses qu’elle va obtenir gain de cause ? »
« Il y a de grandes chances, oui. »
Répondit Amaury en se frottant les yeux d’un air las. « Malefoy prévoit de vendre un certain nombre de ses compatriotes en échange d’une amnistie. »
« Ah oui, carrément ! Mais qui dit amnistie, dit pas de procès, non ? »
« Oui… A moins que j’arrive à convaincre Dumbledore, Croupton ET Bagnold de la nécessité d’une véritable peine pour Malefoy. »
« Tu ne penses pas ça possible ? »
« Pour Dumbledore, si, mais Croupton et Bagnold, c’est une autre paire de manches. Ils préfèrent obtenir plus de noms et plus de révélation plutôt qu’une seule incarcération… Quand bien même Malefoy est-il ce qu’il est. »
« Au-delà de ton rôle d’avocat général, tu le penses coupable ? »
« Bien sûr ! Je ne peux pas t’en dire plus pour l’instant. Tu verras pendant l’audience. Je suppose que tu vas y assister, n’est-ce pas ? »
« Bien supposé l’ami ! On se retrouve là-bas alors ! Je vais aller récolter l’avis de mes amis les aurors. »
« Bonne chance si tu arrives à obtenir quoi que ce soit d’eux ! »


October ne répondit que d’un clin d’œil complice avant de quitter le bureau de son frère, pour se rendre de l’autre côté du couloir, dans la sacro-sainte ruche des aurors.

« Bonjour Agnès ! » S’annonça-t-elle joyeusement à la secrétaire.
« Oh non pas elle ! » Réagit aussitôt celle-ci, mais October ne se démonta pas une seconde.
« Eh si ! Dites-moi, est-ce qu’il serait possible de parler à l’un des aurors en charge du dossier Malefoy ? »
« Je ne crois pas non. »
« Oh ben faites un effort ! Demandez-leur au moins l’autorisation avant de me retirer mon droit à l’information ! »


Agnès, à cette réflexion, haussa un sourcil dubitatif.

« Je reviens de chez les avocats… » Confia October avec amusement. Agnès, avec sa joie de vivre et son enthousiasme habituel, consulta alors ses dossiers et tâta de la baguette dans l’une de ses manifestations ô combien mystérieuses.
« Bien, j’ai prévenu les aurors en charge du dossier. Vous pouvez aller dans la salle d’attente. »

Salle d’attente qui ne constituait rien d’autre qu’une prolongation du couloir. Obéissante, October alla s’asseoir, mais n’eut que quelques secondes d’attente avant que l’auror Bolson – elle les connaissait tous d’assez près pour connaître au moins leur nom – n’arrive au devant d’elle. Elle accueillit l’ancien apprenti de Will de son plus charmant sourire. Il était de ceux qui n’avaient pas de scrupule à parler à la presse pour peu qu’on sache un tout petit peu s’y prendre.

« Madame, comme j’me doutais que ce s’rait vous, Bell ! Un journaliste qui vient nous faire chier deux minutes avant une audience, ça peut être que vous ! »
« Merci de l’accueil Bolson ! Mais si vous voulez bien répondre à mes questions, je n’en aurai pas pour longtemps. »
« Ouais ouais, vaut mieux pour vous parce que j’vous consacre pas plus d’cinq minutes ! V’nez, on va s’poser ailleurs ! »

Il l’entraîna alors dans une salle d’interrogatoire annexe, dont il laissa la porte ouverte, signifiant sans guère de subtilité que l’interview serait de toute façon trop courte pour établir un climat d’intimité. Le message était passé. October s’installa néanmoins tranquillement, tandis que Bolson, intenable, faisait son tour de piste autour de la table.


***


Plusieurs minutes plus tard, October pénétrait dans le tribunal du Magenmagot, s’installant à la rangée des rares personnes qui avaient obtenu le droit d’assister à l’audition préliminaire du procès de Lucius Malefoy. L’homme n’était pas encore dans la salle. En revanche, Dumbledore, président du Magenmagot, Croupton, responsable du département de la justice magique, et Millicent Bagnold, ministre de la magie, étaient tous à leur place, à l’instar d’Amaury, qui en tant qu’avocat, représentait le Ministère. Tout autour, les membres du Magenmagot, vêtus de leur robe pourpre, créaient un léger bourdonnement dans la salle, au gré de leurs discussions, dans l’attente du début du procès.

Puis la porte s’ouvrit, laissant entrer Lucius Malefoy, qui s’avançait, digne et droit, au centre de la salle où il s’assit sur le lourd fauteuil, les bras posés sur les accoudoirs sans que de quelconques chaînes magiques ne viennent l’immobiliser sur son siège. Cette simple information était en elle-même parfaitement révélatrice de la tournure que prendrait le procès et de la conduite que Croupton et compagnie avaient déjà choisi d’adopter.

Et en effet, Amaury était mal barré pour gagner ! Mais il n'était pas le meilleur pour rien, et October y croyait !

_________________

October Bell
27 ans


Journaliste à la Gazette du Sorcier

She has won, now it's no fun
We've lost it all, the love is gone
11/04/2013, 18:20
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MessagePosté le: 17/04/2013, 17:26    Sujet du message: Présumé innocent Répondre en citant

Le silence s’imposa dans le tribunal, lorsqu’Albus Dumbledore se leva et prit la parole.

- Mr Lucius Malefoy, né à Londres le 20 février 1954, nous vous entendrons sur votre implication au service de VSQ entre 1978 et 1981, et jugerons si l’affaire se poursuivra ultérieurement devant ce tribunal ou non. Maitre Stalker, je vous laisse présenter votre dossier.

L’homme se rassit, alors que l’avocate se levait à son tour. Elle rejoignit le centre de la pièce pour se tenir à proximité de son client. Assise non loin d’October, dans un petit box réservé à sa fonction, Heidi avait une plume en main et s’apprêtait à prendre note de tout ce qui allait se dire au cours de cette audience. Georgette était à ses côtés, pour la superviser. La jeune allemande dévisagea l’accusé. La chevelure longue et flamboyante, il avait typiquement la gueule type du mec qu’elle avait envie de détester. Pourtant il gardait dans cette mauvaise situation une dignité impressionnante. C’était probablement ce que ferait un innocent convaincu… C’était ce que faisait surtout aujourd’hui un coupable qui se croit intouchable !

Frances Stalker prit la parole.

- Bien, Merci. Mon client, Mr Malefoy, s’est présenté de son plein gré au Bureau des Aurors le 1er novembre dernier, quelques heures à peine après la disparition de VSQ. Il a été reçu en personne par Mr Scrimgeour et lui a confié avoir été soumis au sortilège de l’Impérium pendant près de trois ans et avoir ainsi été contraint de participer à certaines actions en tant que Mangemort. Ce sont ces faits que nous défendons aujourd’hui.

La femme parlait avec une voix assurée. Cette assurance était renforcée par son apparence austère, et ce malgré sa mise en pli exagérée. Elle savait que l’échappatoire de l’Impero était facile dans une circonstance comme celle-ci, et qu’elle gagnait donc à être argumentée.

- Racontez-nous brièvement Mr Malefoy, comment tout cela a commencé…

Lucius se redressa sur sa chaise et inspira un grand coup avant de parler. En plus de ce qu’il avait à dire, c’était tout son comportement qui devait être convainquant.

- Tout a commencé avec l’intervention de ma belle-sœur, Bellatrix Lestrange. C’était il y a un peu moins de trois ans. La première fois qu’elle m’a parlé de VSQ, je n’ai pas tout de suite compris qu’elle agissait à ses côtés. Elle m’a sondé sur ce que je pensais de lui, de ses idées, et de ses actions surtout.

Il posa ses yeux sur Narcissa qui avait également obtenu le droit d’assister à cette audience. Cette dernière avait le visage baissé. Bien que plus personne ne doutait aujourd’hui de l’implication de sa sœur dans le chaos semé par Voldemort, l'aveu public de son mari devant cette cours la condamnait pour de bon, ce qui déchirait le cœur de sa cadette.

- Je m’étais montré assez dur ce soir-là. Je n’étais pourtant pas en désaccord avec ses idées, mais je n’appréciais pas ses manières, la peur qu’il se croyait obligé d’engendrer pour arriver à ses fins. Je n’approuvais pas du tout. En lui dévoilant tout ça, ma belle-sœur s’est braquée. Elle voulait en fait m’embrigader, elle m’a alors fait comprendre que le moment venu je n’aurais pas le choix. Et en effet, deux semaines plus tard, au réveillon que nous avions organisé dans notre résidence secondaire avec mon épouse…

Narcissa releva le visage.

- J’ai reçu un premier avertissement.

Ce jour-là, rappelez-vous, une horde d’Inferis avait attaqué la jolie réception du couple et fait un carnage. Plusieurs années plus tard, le « Bal des Malefoy » était toujours une référence de conte de fées qui vire au cauchemar. Voldemort avait bien sûr signé l’attaque, offrant – mais à quel prix ! – le statut de victime à l’un de ses plus fidèles serviteurs. Ce qui n’avait eu aucun sens à l’époque, se révélait finalement bienfaiteur aujourd’hui…

Le jeune homme laissa l’assistance, qui avait pour la plupart assisté à ce sombre jour, se remémorer les faits. Heidi, elle, n’avait bien sûr jamais entendu parler de ce drame, et Georgette se pencha vers elle, pour lui résumer rapidement ce qu’il en était. Elle n’avait pas terminé lorsque Frances invita Lucius à reprendre.

- Comment avez-vous réagi ?

- J’étais très choqué, comme tout le monde.

- VSQ vous a-t-il alors de nouveau proposé de travailler pour lui ?

- Oui et non… je crois qu’il a compris sans mal que je serais incapable de faire de moi-même ce qu’il attendait de moi.

- C’est-à-dire ?

- Participer à ces agressions, utiliser mes contacts pour agrandir son réseau…


Le silence de l’avocate incita le Mangemort à poursuivre.

- C’est ainsi qu’il m’a soumis au sortilège de l’Imperium…

Il avait baissé le regard, comme si la discussion s’apprêtait à aborder un sujet plus sensible. Cet Impardonnable était souvent vécu par les victimes comme un viol, et c’en était finalement très proche. Dépossédé de son corps et de sa volonté, comment ne pas se sentir profondément sali ?

- Vous voulez dire que c’est lui qui vous a jeté ce sort ?

- Non…


Lucius avait murmuré et paraissait s’être refermé dans une huitre. Narcissa l’observa, ne pouvant s’empêcher de le trouver très fort. Stalker reprit la parole pour le forcer à aller plus loin.

- Mr Malefoy, pouvez-vous nous dire qui vous a soumis à ce sortilège.

Le jeune homme leva les yeux vers elle, et répondit d’une voix claire :

- Ema Jugson.

Un silence pesant se fit dans le tribunal. Tout le monde connaissait Ema bien sûr. Elle était – avant sa disparition "inexpliquée" un mois plus tôt – l’une des avocates les plus coriaces du Ministère. Lucius n’avait bien entendu pas choisi ce nom au hasard, et si une personne pouvait témoigner de l’effet que faisait un Impero jeté par cette femme, elle se trouvait précisément aujourd’hui dans cette pièce. Le regard du jeune homme parcourut tous les membres du Magenmagot, et s’attarda une longue seconde sur leur Ministre, Millicent Bagnold, qui s’était soudainement crispée.
_________________
HEIDI
21 ans
Etudiante en alternance au Mangemagot

.: Soyons excessivement libres, intensément fous :.
17/04/2013, 17:26
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:49    Sujet du message: Présumé innocent

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