L'Héritage des Ténèbres Index du Forum
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Passage de flambeau

 
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Paul Nightingale
Ste Mangouste

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MessagePosté le: 23/04/2013, 01:07    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

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Fredonnant discrètement un air de Duke Ellington, Paul se tenait debout en face de son bureau, consultant négligemment un dossier entre deux consultations, en attendant l’arrivée de son prochain patient, apparemment en retard. Mais son analyse du dossier fut vite interrompue lorsqu’il entendit toquer à la porte ouverte du cabinet. Il tourna lentement la tête et accueillit l’arrivée du docteur Murdoch avec un calme sourire poli. Même s’il n’était pas dupe quant à son côté faussement grabataire, il avait apprécié son collègue, avec qui il avait eu beaucoup d’échanges à son arrivée à Ste Mangouste. Il avait contribué à l’aider à s’acclimater à la vie londonienne à et comprendre la mentalité, hum, particulière, des anglais.

« Bonjour Paul. » Dit alors le vieil homme d’un ton bienveillant. « Je viens aux nouvelles ! Comment vous débrouillez-vous avec vos nouveaux patients ? »
« Ils vous manquent déjà ? Vous devriez être sur votre goélette au bord d’une plage à vous la couler douce plutôt qu’ici. »
« Oh, j’y serais bien… »
Murdoch avait soudain pris une voix accablée de fatigue, comme si tout le poids du monde venait de s’effondrer sur ses épaules, et alla s’avachir dans le divan de Paul, la tête renversée en arrière et les paupières closes. « Mais cet imbécile d’Enchered. Ou Arte… Lequel est son nom déjà ? »
« Arte… Je crois… »
Paul fronça les sourcils, plus très sûr, d’un coup.
« Oui enfin… Notre très cher directeur m’a rappelé pour signer encore et encore des papiers. Toujours, il y a toujours des papiers ! On n’en a jamais fini avec ça. Vous savez, Paul… Je ne me contenterai pas de rester sur une plage avec ma goélette. Au moins, sur l’océan, il n’y aura personne pour m’importuner ! »
« Vous pensez vraiment que les hiboux ne traversent pas les océans ? »
« Oh, je pourrai toujours prétexter qu’il s’est perdu en chemin ! »


Paul eut un léger rire, tout en replongeant mécaniquement dans son dossier.

« Qui est-ce ? » Demanda soudainement Murdoch, et Paul tourna sur lui un regard surpris. Le vieil homme se tenait à présent droit sur le canapé, le bras posé sur le dossier, et regardait avec intérêt la liasse enfermée entre les mains de Paul. La passion brillait encore dans son regard, et il était évident qu’en dépit de ce qu’il pouvait bien affirmer, il était particulièrement triste d’être obligé de quitter son poste. De l’avis de Paul, leur ‘très cher directeur’ l’était tout autant, et il aurait largement préféré échanger les places des deux psychomages. Allez savoir pourquoi… Paul avait apparemment une tête qui ne revenait pas à Enchered Arte.

« Pardon ? »
« Votre dossier, là, qui est-ce ? »
« Hum… Clare St John, Huntington. »
« Oh ! Brave petite. Ce n’est pas simple comme maladie. »
« Il y en a de pires… »
« Certes. »
Répondit songeusement Murdoch. « Je la suivais depuis son adolescence. Elle a plutôt mal pris ma retraite, alors elle risque d’être assez détestable. »

Le vieux médecin partit d’un bref rire rauque, qui s’évanouit rapidement, et il finit par secouer la tête tristement, les yeux dans le vague. Paul, immobile, l’observait.

« Enfin… Je ne vous retiens pas plus longtemps. Je pense que je suis assez en retard comme ça à mon rendez-vous avec En… Ar… Enfin… Avec le directeur… Ouch… » Il se levait avec peine, et Paul esquissa discrètement un sourire amusé. « Je lui dirai que je me suis perdu. Alzheimer n’est jamais très loin pour un homme de mon âge. »
« Vous êtes en pleine forme, Murdoch. »
Lâcha Paul dans un aveu, néanmoins dépourvu d’une quelconque accusation. Tout au plus était-il amusé par l’excentricité du comportement de celui qu’il pouvait considérer comme un mentor.

Le regard de Murdoch brilla d’un éclat de malice, et à son tour, il laissa échapper un sourire amusé.

« Vous me manquerez, Paul. Vous êtes l’une des rares bonnes choses de cet hôpital. »
« Partez vite avant que l’aigreur ne vous avale totalement. Vous me manquerez aussi. »


C’est d’une allure absolument normale que Murdoch rejoignit alors la porte du cabinet, mais il s’immobilisa lorsque Paul l’interpela.

« Docteur Murdoch ? »
« Oui ? »
« Merci. »
« Et pourquoi donc, jeune homme ? »
« Pour m’avoir appris les clés du métier. Je serais moitié moins bon sans vous. »
« Vous vous sous-estimez, Paul ! Vous ne seriez que 25% moins bon sans moi ! »


Paul éclata d’un rire qui trouva un écho dans le sourire complice de l’ancien médecin, qui disparut du cabinet sans un autre mot.


***



« Clare St John ? »

Une grande femme rousse très élégante se leva de son siège et s’avança jusqu’à Paul, à côté duquel elle passa pratiquement sans s’arrêter.

« Vous êtes en retard. » Informa-t-elle simplement d’un claquement sec, et Paul, étonné, passa une main gênée sur sa nuque.
« Oui, désolé, je… »

La jeune femme, qui avait déjà mis un pied dans le bureau, se retourna brusquement, et fusilla Paul de son regard bleu.

« Vous excuser ne remontera pas le temps, que je sache ! »
« Euh… »


Elle leva les yeux au ciel, et sans cérémonie, disparut à l’intérieur du cabinet. Paul échangea un regard éloquent avec sa secrétaire, qui n’avait rien raté de l’échange, et retenant un soupir, il s’avança à son tour jusqu’à son bureau. Il ferma précautionneusement la porte, observant silencieusement sa patiente qui s’installait sur le rebord du divan, droite comme un i, son sac à main sagement posé à côté d’elle.

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23/04/2013, 01:07
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Clare St. John
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MessagePosté le: 26/04/2013, 17:47    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

Les genoux serrés et les chevilles croisées, Clare n’avait plus rien de l’adolescente insouciante élevée dans l’Amérique profonde au milieu du bétail. Bien au contraire, elle revêtait l’image d’une bourgeoise coincée et carriériste qui n’avait pas une larme à verser sur la misère du monde. Et pour cause, elle avait sa propre misère à gérer et c’était déjà bien assez. Et comme si ce n’était pas suffisamment compliqué pour elle, il avait fallu que sa seule béquille décide de la lâcher.

Car oui, Clare considérait la retraite - pourtant bien méritée - de Charles Murdoch comme un véritable abandon. Les psychologues, comme les coiffeurs, ne pouvaient pas prétendre à ce luxe. Il fallait des années pour trouver le bon : celui qui sait écouter vos problèmes – capillaire ou sentimentaux. Des années de fidélité pure, d’entière dévotion. On recommande toujours son psy ou son coiffeur, même à son pire ennemi. Murdoch parti et le monde est dépeuplé.

« Je serai toujours là pour toi mais je ne peux plus être ton médecin. Ça ne te fera pas de mal de faire confiance à quelqu’un d’autre !
» avait-il dit pour la rassurer mais le résultat restait inchangé et c’était un illustre inconnu qui se tenait devant elle. Un inconnu qui ne respectait pas les horaires et qui prenait ses rendez-vous le lundi après-midi alors qu’elle avait passé les quinze dernières années de sa vie à venir les mardis matins, entre 9h et 10h. Savait-il au moins ce qu’un tel changement pouvait engendrer ?

Pour ne pas laisser éclater sa colère, elle mit toute sa concentration dans l’immense tableau qui lui faisait face, se forçant à imaginer des formes concrètes dans ces tâches colorées sur fond blanc. C’était une technique plutôt basique que lui avait enseignée Murdoch à l’époque. Il suffisait qu’elle fixe son attention sur un point pendant quelques minutes, le temps que son esprit se re-mobilise. Mais ce tableau était un véritable foutoir visuel qui n’avait fait qu’accentuer son angoisse.

- Vous aimez l’art ?
demanda subitement Paul qui semblait chercher un dossier dans la pile posée sur un coin de son bureau.
- Absolument pas et certainement pas ce tableau, répondit-elle froidement en se relevant du canapé pour aller le rejoindre.
- Écoutez, ne perdons pas notre temps
, reprit-elle en fouillant dans son sac pour en sortir un agenda noir qui relevait plus du grimoire tellement il était épais. J’ai dû chambouler tout mon emploi du temps pour venir à ce rendez-vous mais j’ai seulement besoin que vous renouveliez mon ordonnance de philtre de paix.

Elle feuilleta les pages de son agenda et en ressorti un petit papier mauve marqué du sceau de l’hôpital et de la signature de Murdoch.

- J’ai là une ancienne ordonnance. Disons… 17mg en fioles de 5cl feront l’affaire pour les trois prochaines semaines.

Elle posa le papier sur la pile de dossiers de Paul et resta là à attendre qu’il réagisse. Mais le psychomage se contenta de hausser les sourcils avant de la regarder avec attention. Aussitôt Clare détourna le regard. Sa mâchoire se crispa, ses mains s’entortillèrent dans les poignées de son sac à main et elle se mit à jouer avec ses talons aiguilles comme si elle était prise d’une soudaine envie pressante incontrôlable.

- Et si nous allions plutôt nous asseoir …
déclara Paul en indiquant le divan d’un geste de la main.

Mais c’en était trop. C’était au dessus de ses forces. Malgré la promesse qu’elle avait faite à Murdoch en jurant de se montrer civilisée et patiente, elle n’y arrivait pas. Ce Nightingale était une angoisse à lui seul.

- J’en peux plus !
s’exclama t-elle en écartant largement les bras et laissant son sac tomber par terre. Vous êtes… vous… vous…
- Je suis…
- Vous êtes n’importe quoi ! Non mais regardez-vous !
- Qu’est-ce qui ne va pas selon vous ? demanda Paul d’une voix calme.
- TOUT ! RIEN !
- Commencez par ce que vous voulez, prenons les choses les unes après les autres.
- Votre chemise !
- Qu’est-ce qu’elle a ma chemise ?
- Elle n’est pas repassée et il vous manque un bouton à la manche droite
, expliqua Clare en montrant rapidement l’endroit sans se risquer à le toucher, comme si elle craignait de se faire brûler.
- Oh, je n’avais pas remarqué
, répliqua t-il simplement. Autre chose ?
- Oh mais la liste est longue mon bon monsieur… Vous êtes négligé des pieds à la tête. Votre barbe de trois jours et vos cheveux en bataille, votre jean élimé et vos chaussures… des Converses ? Vraiment ?
- C’est important de se sentir à l’aise dans ce que l’on porte et dans son corps vous ne pensez pas ?

Clare leva les yeux au ciel. Qu’il aille dire ça à ses supérieurs au Ministère. Quelle crédibilité aurait-elle sans son tailleur étriqué, ses talons de 10 cm et ses cheveux parfaitement coiffés ? Elle avait une image à donner ; l’image d’un gouvernement solide, droit et prospère.

- Ecoutez, peut être que le trentenaire à la voix grave, au charme mystérieux et à l’écoute fait des émules auprès des divorcées en manque d’amour, mais ça ne prend pas avec moi. Alors faites moi mon ordonnance et restons-en là.

Paul prit quelques secondes pour réfléchir puis sortit un calepin mauve de son tiroir. Il griffonna quelques lignes sur la première page puis l’arracha. Il pointa ensuite sa baguette sur le papier qui prit la forme d’un petit avion et ce dernier disparut de la pièce en passant par le conduit d’aération.

- Votre ordonnance vous attend à la pharmacie de l’hôpital. Je vous conseille de ne pas trop traîner c’est l’heure de pointe !
déclara Paul en s’asseyant à son bureau et en ouvrant un dossier au hasard.

Clare fronça les sourcils et consulta sa montre.

- C’est tout ?
- C’est tout, répondit-il avec un sourire poli.
- Vous… vous me faites une ordonnance comme ça, sans consultation, au bout de cinq minutes ?
- Non, pas sans consultation, ce serait aller à l’encontre des principes de la médecine.
- Mais…
- Mais ?
- Il reste encore 55 minutes !
déclara t-elle, décontenancée.
- Ah oui ? fit-il avec innocence en consultant sa propre montre. Dans ce cas, j’ai un peu de temps avant ma prochaine consultation… de quoi me familiariser avec quelques dossiers.
- Mais ma séance devait durer une heure ! contesta t-elle…J’ai prévu une heure entière dans mon emploi du temps ! Je… je… il me faut mon heure entière !
- Je croyais que vous vouliez seulement votre ordonnance… vous aviez prévu une heure pour me convaincre ?
- Je…. Je suppose.
- Et bien vous avez été bien plus rapide, félicitations !


Malgré tout, Clare était incapable de savourer sa victoire. Certes elle avait obtenu ce qu’elle était venue chercher mais elle n’avait pas du tout prévu que ce soit aussi « facile ». Il n’imaginait pas ce qu’un tel changement pouvait engendrer ? Peut-être bien que si…

- Vous l’avez fait exprès !
soupira t-elle en s’effondrant sur une des chaises du bureau.
- Ah vous croyez ?

Il leva finalement les yeux du dossier qu’il lisait – ou faisait-il semblant ? Elle ne savait plus ce qu’elle devait croire – et afficha un léger sourire satisfait. Clare leva une fois de plus les yeux au ciel. Oui, il l’avait fait exprès mais dans un sens, elle lui en était reconnaissante. Peut-être qu’il savait ce qu’il faisait… mais il n’allait pas s’en tirer aussi facilement. Il y avait encore bien des choses qu’elle pouvait lui reprocher et c’était devenu son crédo…
 

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26/04/2013, 17:47
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Paul Nightingale
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MessagePosté le: 12/05/2013, 18:50    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

« Bien… » Reprit-il comme si de rien n’était. Clare semblait prête à démarrer la séance, désormais. Il jeta encore un coup d’œil dans son dossier, moins pour y déceler de nouvelles informations que pour réellement se lancer. « Nous allons commencer par faire un peu connaissance pendant les prochaines séances. Ca va peut-être vous sembler un peu rébarbatif et inutile, m… »
« Inutile, c’est certain ! Je ne comprends même pas ce que je fais encore là ! »


Paul se contenta d’un mince sourire poli, puis continua, sans se laisser abattre :

« Mais moi ça me permettra d’en savoir un peu plus sur vous, et sur votre maladie, surtout… »
« Merveilleux… »
« La maladie de Huntington n’est pas très courante, et je n’ai jamais eu l’occasion de m’y pencher jusque-là. »
« On n'en guérit pas, déjà. On ne vous a pas appris ce que c’était durant vos études ? »
Répliqua Clare, en levant les yeux sur le bureau, où elle semblait y chercher quelque chose. Ce quelque chose, Paul savait déjà de quoi il s’agissait. Elle n’était pas la première à regarder la tapisserie avec autant d’intérêt. « D’où est-ce que vous êtes diplômé ? »

Paul eu un très bref instant d’hésitation. Diplômé, il l’était ! Après, elle n’était pas forcée de savoir que son doctorat n’était qu’une équivalence, et que c’était bien pour ça qu’il ne l’affichait pas au mur. Inutile de préciser qu’il n’avait passé qu’une année de sa vie à étudier la psycho. Mais c’était sans compter toutes ses années d’expérience sur le terrain, et celles-ci lui semblaient bien plus essentielles qu’un vulgaire bout de papier.

« De l'Université de Chicago. »

Clare haussa brièvement un sourcil appréciateur.

« Vous êtes américain ? »
« Oui. »
« Qu’est-ce qui a bien pu vous amener dans cette fichue grisaille londonienne ? »
« Je vous retourne la question. Après tout, c’est de vous qu’on doit parler, pas de moi ! »


Si le visage de Clare s’était aussitôt refermé à la remarque de Paul, elle composa néanmoins rapidement un sourire.

« Vous n’aviez pas dit qu’on devrait faire connaissance ? Faire connaissance implique un échange… »
« C’est vrai… Disons qu’il fallait que je change d’air. Vous ? »


L’éclat de noirceur que Paul avait entraperçu un instant auparavant chez Clare s’installa pour de bon cette fois, et l’atmosphère s’appesantit brusquement. Le corps de la jeune femme se tendit tout entier, et sa jambe se mit à s’agiter nerveusement. Comme secouée d’un tic, elle amena plusieurs fois sa main à ses lèvres, à la manière d’un fumeur qui a cruellement besoin d’une cigarette. Paul n’intervint pas dans cette manifestation de sa maladie. Il se contenta de l’observer, et Clare, lorsqu’elle s’en rendit compte, détourna vivement le regard.

« J… Je suis partie par amour. » Elle ricana froidement. « Stupide, n’est-ce pas ? Mes parents venaient de mourir dans un accident, et Ezra m’a proposé de le suivre à Londres. J’étais jeune, j’étais influençable, je venais d’apprendre que j’étais malade. Je n’avais plus que lui… »
« Ezra, c’est votre mari, c’est ça ? »
« Hum… »
La jambe qui tressaute, la main sur la lèvre. « Il… Nous sommes séparés. »
« Depuis longtemps ? »
« Oh mais de quoi je me mêle ? »
S’exclama-t-elle brusquement. Paul haussa les sourcils, surpris.
« D’accord… » Soupira-t-il avec un soupçon d’agacement.

Dans son genre, si on ne l’avait pas diagnostiquée Huntington, elle aurait été bonne pour être cataloguée bipolaire. Paul s’agita sensiblement sur sa chaise et se racla la gorge. Il n’eut pas besoin de croiser le regard destructeur de Clare pour comprendre qu’elle n’était pas prête à aborder le sujet. Autant aller voir ailleurs alors.

« Votre maladie a été diagnostiquée à vos 18 ans, c’est ça ? »

Clare leva les yeux au ciel et souffla :

« Oui. »
« C’est très précoce… Vous avez eu des crises d’épilepsie ? C’est assez courant dans la forme juvénile de la maladie d’Huntington. »

« Je sais oui… » Paul leva la tête sur Clare, intéressé, et l’encouragea à répondre pour de bon à sa question d’un vague haussement de sourcil. « Et oui, j’en ai eu… Mais je n’en gardais jamais de souvenirs alors ça ne sert strictement à rien de me bassiner là-dessus ! »
« Il y avait déjà eu des antécédents dans votre famille ? »
« Vous avez lu mon dossier ou pas ? »

Encore une fois, Paul ne prit pas la peine de répondre. La mâchoire de Clare se crispa sous une colère de plus en plus flagrante.

« Qu’est-ce qui vous énerve, Clare ? »
« Mais VOUS ! Vous êtes insupportable ! Vous vous prenez pour je-sais-pas-quoi ! Mais que ce soit bien clair, docteur ! Ne croyez pas que c’est vous qui avez les clés en main ! Vous n’êtes qu’un minable incompétent, et ce n’est pas parce que vous essayez de faire ami-ami que ça va changer mon opinion de vous ! »
« … Tout ça pour une question d’antécédent ? »
« OUUUUH ! »


Clare se leva brusquement, s’emparant sèchement de son sac à main, et se retourna vivement pour s’engager vers la sortie.

« Attendez ! » S’exclama Paul. Clare s’arrêta, mais il y eut une seconde de flottement avant qu’elle ne daigne tourner la tête vers Paul. Il se tenait tranquillement enfoncé dans son fauteuil, les coudes sur les accoudoirs et les mains croisées, et regardait la jeune femme avec intérêt.

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Clare St. John
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MessagePosté le: 25/05/2013, 22:52    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

- Depuis combien de temps êtes-vous insomniaque ? demanda t-il avec calme.
- Je vous demande pardon ?
- Vous avez du mal à tenir votre fourchette, vous « oubliez »… des choses futiles certainement mais assez régulièrement. Vous êtes de plus en plus irritable, vos tics ne cessent d’empirer et d’ici quelques semaines, vous troquerez vos talons aiguilles pour une magnifique paire de Converses.
- Où est-ce que vous voulez en venir ?
répliqua t-elle en posant une main sur la poignée de la porte, prête à partir.
- Vous êtes mourante Clare.
- On l’est tous d’une manière ou d’une autre,
répondit-elle avec un fatalisme feint.
- Dans le meilleur des cas il vous reste quoi… 4 ou 5 ans ? Dans le pire…

Clare resta muette. Sa main relâcha lentement la poignée et ses épaules s’affaissèrent sensiblement. Se sentant faiblir, elle se ressaisit aussitôt et se gonfla d’arrogance.

- Qui vous dit qu’en sortant de l’hôpital, je ne me ferai pas percuter par le Magicobus.
- Possible.
- Vous croyez que je n’ai pas pensé à tout ça ? Vous croyez sincèrement que je ne sais pas ce qui m’attend ?
- Je ne sais pas. Qu’est-ce qui vous attend ?
- La liste est longue !
argua t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.

Paul regarda sa montre puis le divan qui lui faisait face.

- J’ai 45 minutes, répondit-il en s’installant plus confortablement encore dans son fauteuil.

Clare plissa les yeux et fit claquer sa langue contre son palet. Ce type l’agaçait tout autant qu’il l’intriguait. Elle avait croisé tout un tas de spécialistes, de psychologues et de médicomages dans sa vie et tous avaient été aux petits soins avec elle. Ils la ménageaient et la chouchoutaient en permanence pour atténuer les effets de sa maladie. Pas étonnant qu’elle soit devenue une véritable harpie. Mais Paul semblait différent. Il n’y avait pas de pitié dans son regard, pas de fausse bienveillance ou, au contraire, de total désintérêt. Cependant, elle n’appréciait pas sa façon de faire pour autant. Son calme olympien et son ignorance purement stratégique qu’on rencontrait plus généralement chez les joueurs de poker la déstabilisaient. Elle mourait d’envie de quitter ce cabinet mais pourquoi faire ? Un changement d’emploi du temps de dernière minute était au-dessus de ses forces et le simple fait d’y penser lui noua l’estomac. Elle sentait ses mains trembler et son cœur cogner férocement dans sa poitrine. Elle baissa aussitôt la tête, ferma les yeux et se concentra sur sa respiration pour se calmer.

Au bout d’une minute, peut-être deux, elle releva la tête pour constater que Paul n’avait pas bougé d’un pouce. Il la dévisageait toujours avec intérêt puis fit un léger mouvement de la tête pour l’inviter à s’asseoir.

- Comme si vous n’aviez pas tout prévu !
grommela-t-elle en se dirigeant d’un pas lourd vers le divan.

Paul sourit, savourant discrètement sa victoire.

- Je ne suis pas naïve vous savez, dit-elle au bout d’un moment. Je sais que je n’en ai plus pour très longtemps. Je n’ai d’ailleurs jamais compté sur une rémission ou un miracle.
- Vous avez pourtant dépassé la durée d’espérance de vie moyenne pour ce genre de maladie… qu’est-ce que vous ressentez à ce propos ?


Clare haussa les épaules. Elle n’y avait pas vraiment songé jusqu’à maintenant.

- Pas grand-chose… à vrai dire, j’attends.
- C’est affreux de dire ça.
- Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que j’ai peur ?
- Vous avez peur ?
- Et vous ?


Paul resta de marbre mais Clare n’attendait pas vraiment de réponse. Ils venaient de vivre une période de terreur avec Voldemort, c’était devenu le lot de tous les sorciers et il n’avait pas disparu sans quelques séquelles.

- De toute façon, j’ai tout prévu, déclara-t-elle avec une certaine fierté.

Intrigué, Paul haussa un sourcil.

- Je ne suis pas suicidaire, rassurez-vous. Seulement, je n’ai pas attendu d’être dans un lit d’hôpital avec le cerveau d’un scroutt pour prendre des dispositions. J’ai déjà organisé mes funérailles et fais mon testament.
- L’inverse m’aurait étonné,
répliqua Paul, amusé.
- Que voulez-vous, je suis pragmatique.

Il sourit, elle aussi.

- Vous avez de la famille ?
- J’ai une tante dans le Missouri, pour ce que j’en sais. Mais j’ai décidé de léguer tout ce que je possède à un orphelinat.
- C’est très généreux de votre part !
- On dirait que ça vous étonne !
s’offusqua-t-elle aussitôt. Je suis peut être « irritable » mais pas insensible !
- Je n’ai jamais dis ça ! Mais généralement, après la famille, viennent les amis.


Clare s’étrangla dans un bref rire sans joie. Le coude posé sur l’accoudoir, elle cala sa joue dans le creux de sa main tout en affichant un air mélancolique.

- On aime la franchise mais jusqu’à un certain point. Malheureusement, je ne peux pas m’empêcher de dire ce que je pense ou ce que je ressens…
- Il doit y avoir un équilibre dans ce que vous dites non ?
- Pas vraiment non,
avoua t-elle à demi-mot.

Paul se redressa légèrement sur son fauteuil, se penchant en avant.

- Vérifions ça, faite moi un compliment
, demanda t-il.

Clare eut un vif mouvement de recul.

- Je ne vais pas vous faire de compliment !
aboya t-elle.
- Un compliment, c’est tout ! Essayez pour voir !
- Mais non ! J’ai aucun compliment à vous faire, je ne vous connais même pas !
s’exclama t-elle en se relevant maladroitement du divan.

Elle fit les cent pas dans le cabinet sans quitter Paul du regard. Elle le dévisageait comme un pestiféré sans pour autant ressentir le besoin de le fuir.

- Je ne suis pas un rat de laboratoire !
- Je ne suis en train de vous disséquer. Je veux juste que vous compreniez que votre maladie ne doit pas être un frein à votre vie sociale !
- Je n’ai aucun problème avec ma vie sociale, je suis très heureuse.
- De toute évidence, vous n’avez aucun problème à mentir…
- PARDON ?


Clare stoppa net ses allées-et-venues, comme foudroyée. Sans s’en rendre compte, elle reprit ses tics : une main sur ses lèvres, les doigts qui se crispent, son cœur qui s’emballe. Elle perdait pied, sa vision se troubla de plus en plus et l’air… l’air vint à manquer.

La voix de Paul, comme un ronronnement, était lointaine. Il se passa plusieurs secondes avant qu’elle ne comprenne ce qu’il lui disait.

- Respirez… Clare… calmez-vous… Clare… Clare..
- MALIN !
s’exclama t-elle brusquement, comme au réveil d’un cauchemar.
- Malin ? répéta Paul.
- Vous êtes malin, confia-t-elle dans un soupire.

Paul fronça les sourcils.

- Oh je vous ai déjà dis que vous aviez un charme mystérieux tout à l’heure, n’insistez pas !
- Clare
, reprit-il avec sérieux, je vous ai posé cette question il y a plus d’une heure… 

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MessagePosté le: 01/06/2013, 16:30    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

Perplexe, Clare se mit à regarder tout autour d’elle avec intérêt, tandis que Paul reculait d’un pas, anticipant la réaction qu’elle allait forcément avoir. Elle se redressa brusquement du lit sur lequel elle avait été installée, et une infirmière qu’elle n’avait pas vue jusque là s’avança vers elle pour la forcer à se rallonger.

« Qu… Mais qu’est-ce qui s’est passé ? »
« Vous avez fait une crise d’épilepsie, Clare. Vous ne m’aviez pas précisé que vous en faisiez encore… »
« Mais je n’en fais plus ! »
« Vous êtes sûre ? »
« Je peux peut-être ne pas m’en souvenir, mais je le saurais si ça arrivait, non ? On me le dirait ! »
« Ca ne vous est jamais arrivé de vous réveiller le matin avec l’impression d’être étrangement épuisée, les muscles endoloris, comme si au lieu de dormir, vous aviez couru un marathon ? »


Les yeux de Clare s’écarquillèrent de stupeur, et elle n’eut pas besoin de verbaliser la moindre réponse pour que Paul la comprenne. Il se rapprocha, et avec compassion, cala sa main dans la sienne. Clare se tendit et essaya brièvement de retirer sa main, avant de se rendre compte que ce genre d’attention, aussi minime soit-elle, faisait du bien, parfois.

« Vous allez rester ici encore une heure ou deux pour vous reposer, ça ne vous fera pas de mal. Julia va s’occuper de vous… »
« Non, ce n’est pas possible ! J’avais autre chose de prévu ! Et je n’ai pas besoin qu’on s’occupe de moi ! »
« Clare… »


Paul jeta un bref coup d’œil à Julia, qui eut un simple hochement de la tête avant de quitter la chambre pour leur laisser un peu d’intimité.

« Je vous préviens, je ne vais pas vous aider à vous planquer derrière votre maladie. »
« Je ne me planque pas, je suis malade, et si ça ne vous plaît pas, vous pouvez tout aussi bien dégager ! Je ne vous ai rien demandé, moi ! »
« Il faut que vous travailliez sur certains aspects qui peuvent être améliorés. Et croyez-moi que si vous réussissez, votre vie n’en sera que grandement facilitée. »
« Oh, vous croyez ? »
Rugit férocement la jeune femme.
« La première chose que je vous conseillerai de faire, c’est d’accepter de vous laisser aller, parfois. Parce que, oui, vous êtes malade. Mais vous ne pouvez pas porter tout le poids de cette maladie sur vos épaules. C’est à ça que je sers, non ? Alors si je vous dis que Julia va s’occuper de vous, n’imaginez pas que je vous considère déjà comme quelqu’un de grabataire et incapable. Deux heures maximum où vous n’avez rien d’autre à faire que vous laisser aller. Faites-le. »
« Et pourquoi est-ce que je ferais ça ? »
« Pour moi ? »
Suggéra Paul avec un mince sourire, et Clare leva les yeux au ciel.
« Ben tiens donc… »

Mais Paul commençait déjà à s’éloigner de la couchette pour se diriger vers la porte.

« Ne vous inquiétez pas, Clare… Tout le monde a droit à des moments de faiblesse. Nous, on se retrouve la semaine prochaine, même heure ? »

Il n’attendit pas vraiment sa confirmation avant d’ouvrir la porte. Mieux valait ne pas lui laisser trop de temps pour réfléchir, parce que s’il avait compris le phénomène, elle ne se laisserait pas aussi facilement donner des ordres de la sorte. Elle avait besoin de contrôler la situation, et elle n’avait fait que subir ces dernières minutes.

« Attendez ! »

Paul s’arrêta sur le pas, et retenant un sourire triomphal – parce qu’il aurait dû parier sur sa réaction – il se retourna lentement.

« Mardi matin, plutôt. Je fais tout ce que vous voulez si vous acceptez que nous nous voyions le mardi matin. »

Elle avait dit ça avec un air professionnel, comme si elle arrangeait un rendez-vous avec son banquier. L’espace d’un instant, on aurait presque oublié qu’elle était dans une chambre d’hôpital. Paul fit mine de réfléchir, et avec un sourire, répondit d’une voix rauque et sans appel :

« Non. Lundi après-midi. Au revoir, Clare. »

Et il disparut aussitôt de la chambre en ignorant les appels de la jeune femme. Il croisa le regard intrigué de Julia Lizaran, l’infirmière, mais s’abstint de toute réflexion, continuant naturellement son chemin dans les couloirs de l’hôpital. Arrivé à son cabinet, il fut arrêté par sa secrétaire.

« Paul ! Vous avez reçu un hibou urgent de monsieur Lizaran. Je l’ai posé sur votre bureau. »
« Ok, merci Elsa ! »


Pénétrant dans son bureau, il alla aussitôt lire la note de Melo à son intention :

Délivre-moi de cette espèce de femme enceinte qu’est Penny Lindell ! Rendez-vous ce soir au moldu café à 21h, ok ?

Paul eut un imperceptible éclat de rire, et secouant la tête, il s’empara de sa plume, écrivant sa réponse à la suite-même du parchemin. C’était un non. Tant pis, mais ce soir il ferait sans lui. Il avait des devoirs à faire.

***


Il déposa rapidement sur la petite table du salon le sachet prêt à rompre rempli de bouquins sur la maladie de Huntington. Puis il se dirigea avec automatisme dans sa cuisine où il se décapsula une bière, apportant aussitôt le goulot à ses lèvres, comme si le contenu de la bouteille était composé d’oxygène. Il s’appuya lourdement contre l’évier, levant un regard sombre sur cette pile de livres qui l’attendait dans la pièce d’à côté. Il était résolu à en savoir plus sur cette maladie dont il ne connaissait que trop peu de choses. C’était tellement plus simple de n’avoir affaire qu’à de basiques névrosés.

Il traversa son appartement presque au radar, alluma son poste d'un coup de baguette et se laissa tomber dans son canapé, se penchant sur le bord pour s’emparer du premier livre de la pile. Au son de la voix de Betty Carter, il baissa négligemment les yeux sur la couverture du livre. Il l’ouvrit d’une main, tandis qu’il buvait une nouvelle goulée de bière, songeant déjà au whisky qu’il s’enfilerait juste après, et qui lui ferait vachement plus de bien à l’esprit. Moins à son corps, et il savait que le lendemain, il maudirait sa gueule de bois, comme d’habitude.

_________________
PAUL
31 ans

C'était un p'tit bonhomme
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01/06/2013, 16:30
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Clare St. John
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MessagePosté le: 11/08/2013, 21:42    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

« La première chose que je vous conseillerai de faire, c’est d’accepter de vous laisser aller, parfois. Ne vous inquiétez pas, Clare… Tout le monde a droit à des moments de faiblesse. »

A croire que Paul Nightingale avait une boule de cristal dans le placard de son bureau. Bien malgré elle, Clare avait suivit ses conseils à la lettre et en était ressortie encore plus traumatisée et plus chamboulée encore. Mais à bien y repenser, peut être qu’un après-midi dans un Spa aurait été plus judicieux qu’une confrontation avec son ex-mari. Elle ne s’y était pas attendue et elle avait tout bonnement craqué. Elle s’était laissé aller et elle avait eu droit à son moment de faiblesse. Elle s’en voulait terriblement et ça faisait maintenant trois jours qu’elle n’avait pas mis un seul orteil en dehors de chez elle. Elle avait pu prendre une semaine de congés – bien méritée puisque c’était la première fois en trois ans qu’elle en faisait la demande – et s’était immédiatement coupée du monde. Elle se sentait de toute façon incapable d’affronter le regard des autres. Elle ne dormait plus, ne mangeait pratiquement rien et passait ses journées entières assise dans son canapé à fixer cette misérable mallette noire qu’elle avait ouvert une seule fois avant de vite la refermer comme la boîte de Pandore.

Elle le méritait d’après Ezra. Elle ne savait pas combien il y avait exactement dans cette mallette mais elle s’imaginait facilement pouvoir éponger ses dettes, acheter l’appartement qu’elle louait une fortune et s’offrir le dernier traitement contre sa maladie qui faisait la Une des revues médicales depuis quelques années maintenant. Oh oui qu’elle le méritait. Mais était-elle capable de se rendre complice d’un crime ?

C’était ce qui la tourmentait – entre autre – depuis quelques jours. Cette mallette, sournoise, vicieuse, qui avait remplacé ses magnifiques dahlias sur sa table basse et qui la narguait. Elle, symbole d’honnêteté et de droiture au Ministère. Elle avait pour la Loi, autant d’amour que pour ses philtres de paix. C’était comme lui demander de choisir entre son père et sa mère (paix à leurs âmes). Voilà pourquoi elle ne voulait voir personne. Elle craignait de tout déballer à la pause café de 10 heures, entre deux cigarettes.

« Tiens au fait, j’ai une mallette pleine de Gallions chez moi qui pourrait peut-être me guérir. Personne ne la réclame mais je devrais la donner aux autorités, c’est mon criminel de mari qui me la confiée. »


Elle soupira, désespérée. Elle leva la tête vers la pendule qui affichait 13h54. Dans six minutes, elle avait rendez-vous avec son psychomage. Là encore, c’était un véritable dilemme. Elle en avait cruellement besoin et avait attendu Mardi avec une grande impatience mais là, maintenant, elle hésitait. Harassée, elle se planqua sous sa couverture et hurla à plein poumons dans son oreiller.
Elle n’avait jamais manqué une seule séance depuis quinze ans, il y avait une première à tout.

***
  
Paul serra la main d’Ethan Winchester et se donnèrent rendez-vous la semaine suivante, même heure. Il s’approcha ensuite du comptoir de sa secrétaire où il feuilleta le registre des consultations tout en se grattant la tempe d’un mouvement machinal. Il n’avait pas encore en mémoire tout son planning et certainement qu’il lui faudrait plus d’un trimestre – au bas mot- pour en intégrer la moitié. Au moins pour les réguliers ; ceux du mardi après-midi.

Clare St. John.

S’il ne mémorisait pas ses rendez-vous, il n’avait en revanche aucun mal à se rappeler de ses patients. Cette étonnante rousse en particulier qui lui avait valu plusieurs nuits blanches de lectures diverses et variées et une bouteille entière de Pur Feu. Il sentait encore les vapeurs de l’alcool rien qu’en y repensant. Il regarda sa montre : 14h15. Il se souvenait aussi de sa ponctualité. Il leva alors les yeux, s’attendant à voir le minois pincé de Clare, prête à lui faire la liste de tout ce qui s’était passé dans le monde durant ces quinze dernières minutes, en vain. Il n’y avait que Monsieur Rosa qui ronflait comme un sonneur, les jambes croisées sur une poussette.

- Miss St. John est venue?
Demanda-t-il à tout hasard.
- Non ! Et je ne m’en plains pas ! Répliqua Elsa avec un certain soulagement. Ça n’était pas arrivé depuis des années, laissez-moi vous payer une bière après le service !
- Avec plaisir. Ça fait longtemps qu’il dort ? Dit-il en pointant Tony du menton.
- Peut être trois-quarts d’heure. Je me suis tout de même assurée que son bébé allait bien… ils ont exactement la même tête… c’est assez drôle à voir.
- J’ai peut être le temps de faire une petite pause… un café ?
- Volontiers.
Répondit la secrétaire en s’étirant pour faire craquer ses articulations.

Paul raya le nom de Clare dans son planning du jour. En vérité, il n’était surpris qu’à moitié et elle avait certainement demandé à voir ailleurs. En rentrant, il préparait son dossier au cas où un confrère le réclamerait : ça fera de la place.

***
  
La semaine suivante, elle ne s’était toujours pas montrée mais il avait tout de même gardé son créneau par précaution. Personne n’était venu retirer son dossier alors il avait préféré jouer la prudence. Tant pis, son absence faisait le bonheur de son patient suivant qui ne rechignait jamais à se débarrasser au plus vite de ce fardeau que représentaient ses visites à l’hôpital. Cette fois, il n’avait pas sa poussette.

***
  
Mercredi, 20 heures. Encore une longue journée riche en émotions. Paul venait de rappeler à Elsa de racheter des mouchoirs pour éponger les malheurs de Miss Rasberry qui souffrait d’une empathie exacerbée et pleurait tout et n’importe quoi : même la chute d’un pétale fané. Ils plaisantèrent deux minutes sur le pas de la porte de son cabinet qu’il ferma d’un coup de baguette. Elsa et lui discutèrent de tout et de rien tandis qu’ils se dirigeaient vers la sortie de l’hôpital. Dans la poche de son jean, il sentait la présence rassurante de son paquet de cigarettes encore bien rempli et frissonna de plaisir à l’idée de s’en griller une dès qu’il aurait mis un pied dehors. Distrait, il n’avait pas vu arriver le brancard volant qui fonçait droit sur lui et si Elsa ne l’avait pas plaqué au mur au dernier moment, il y aurait eu une collision qui aurait sans doute été fatale à ses bijoux de famille.
Il avait eu juste le temps d’apercevoir son visage et encore… il n’était pas sûr de lui.

« C’était pas Miss St. John sur le brancard ?
Hasarda-t-il encore un peu sonné.
- J’en sais rien mais si c’est elle, elle a bien failli vous tuer ! »

Voyant qu’il ne l’écoutait plus, elle coupa court et lui souhaita une bonne soirée. Il lui marmonna un vague bonsoir, son attention attirée par une jeune femme aux cheveux noirs qui avait été priée de rester en retrait et de « laisser les médecins faire leur travail ». Paul hésita quelques secondes puis remonta le couloir, maudissant au passage sa bonne conscience qui l’avait poussé à retarder sa dose vitale de nicotine.

« Excusez-moi »

La jeune femme sursauta et le dévisagea de la tête aux pieds. Elle était visiblement bouleversée et rongeait ses ongles avec angoisse.

« Je travaille ici.
Crut bon de préciser Paul. Je suis psychomage.
- C’est vous Nightingale ? »


Paul arqua un sourcil, surpris d’avoir aussi vite gagné en notoriété. Il acquiesça et il la vit aussitôt se détendre.

« Oh Par Merlin je ne sais pas ce qu’il s’est passé, elle était en congé et…
- C’était bien Clare St. John ?
- Oui oui ! C’est moi l’est trouvée chez elle. Elle était en congé toute la semaine et devait revenir ce matin. Ce n’est pas dans ses habitudes de ne pas venir travailler… déjà les vacances, je trouvais ça suspect et puis là…
- Vous savez ce qu’il s’est passé ?
Demanda-t-il d’une voix apaisante qui avait eu le don de la calmer à son tour.

Elle prit une profonde inspiration en s’éventant avec ses deux mains.

« Je ne sais pas. Comme elle n’a pas répondu à mes hiboux, je suis passée chez elle après le travail. J’ai sonné plusieurs fois mais elle ne répondait pas. Alors j’ai… forcé la serrure.
- Vous avez bien fait,
dit-il pour la rassurer.
- Je suis entrée et elle était là, allongée dans le couloir juste devant moi. Je ne sais pas combien de temps elle est restée là mais … elle était inconsciente et l’odeur… c’était épouvantable. »

La jeune femme ne put retenir plus longtemps ses larmes et Paul l’invita à s’asseoir sur une chaise.

« J’ai tout de suite envoyé un Patronus. Je n’arrivais plus à sentir son pouls, j’étais totalement paniquée. Je ne suis qu’une simple employée du Ministère, pas un médecin.
- Et vous avez fait tout ce qu’il fallait…
- Aubrey.
- Aubrey, vous avez été parfaite. Et dès que j’en saurai plus, je vous promets de tenir au courant.
- Je ne bouge pas d’un millimètre. Clare n’est pas facile à vivre mais c’est mon amie et… »


Elle n’acheva pas sa phrase et Paul posa une main sur son épaule. Il resta encore deux minutes puis il passa la porte qui marquait la limite à ne pas franchir pour la famille. Au bout du couloir, c’était l’agitation. Un véritable ballet de blouses blanches qui voltaient autour du brancard où de longues boucles rousses pendaient dans le vide.
  

_________________
"When I'm nervous I have this thing, I talk too much.
Sometimes I just can't shut the hell up.
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Paul Nightingale
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MessagePosté le: 30/08/2013, 01:21    Sujet du message: Passage de flambeau Répondre en citant

Dan tourna tout juste un regard sur Paul lorsqu’il le vit entrer dans la chambre, probablement simplement pour s’assurer que la jeune femme n’avait pas forcé ses ordres et néanmoins tenté de suivre son amie jusqu’au bout. Il reprit ses manipulations et ses ordres au personnel médical lorsqu’il reconnut Paul.

« C’est ta patiente ? » Demanda-t-il entre deux recommandations aux infirmières, et Paul eut un temps de décalage avant de comprendre que c’était à lui que Dan s’adressait.
« Euh… oui ! Qu’est-ce qu’elle a eu ? »
« Son amie nous a dit qu’elle avait un Huntington, c’est bien ça ? »
« Oui. »
« Elle a eu une chorée avancée. Ses membres se sont tétanisés et ça l’a complètement bloquée. Qui sait combien de temps elle est restée dans cet état. Quinn ! Chauffez-la, bon sang ! Julia, aidez-moi à malaxer ses muscles. »


Paul, intrigué s’approcha un peu plus du brancard.

« Par quoi est-ce que c’est provoqué, ces… Chorées ? Elle n’avait jamais eu de manifestation aussi violente avant. »

Du moins le supposait-il, sinon une hospitalisation d’urgence de ce genre aurait été signalée dans son dossier.

« A toi de me le dire, Paul ! Stress, angoisse, émotions intenses de toutes sortes. Elle reprend conscience ! Quinn ! L’anesthésie ! »

Paul recula, jusqu’à quitter la chambre où ça s’agitait. Ils n’avaient pas besoin de lui en plus de ça. Mais juste avant de disparaître, il échangea un dernier regard avec Daniel, et celui-ci, d’un simple geste de la tête, lui fit comprendre qu’il l’avertirait dès que le moment serait venu pour lui de reprendre contact avec sa patiente.

Il se retrouva dans le couloir, et alors qu’il avait même complètement oublié son existence, Aubrey se rappela à lui en lui sautant pratiquement dessus.

« Comment elle va ? Elle va s’en sortir ? »
« S’en sortir ? Oui, oui, bien sûr qu’elle va s’en sortir. Ca ne vous dérange pas si on sort ? »
Demanda-t-il en sortant une cigarette de son paquet pour l’amener directement à ses lèvres. Son mouvement ne nécessitait aucune dissertation, et Aubrey hocha simplement la tête.

Ils se retrouvèrent rapidement à l’extérieur, et Paul alluma aussitôt sa cigarette, prenant une longue aspiration salvatrice. Il se sentait revivre.

« N’êtes-vous pas de ceux qui devraient conseiller d’arrêter la cigarette ? » Demanda soudain Aubrey d’une voix mutine, et Paul baissa le regard sur elle, étonné. Puis il contempla la cigarette qu’il tenait entre son index et son majeur, soufflant sa fumée sur le bout incandescent.
« C’est vrai… Que voulez-vous… Les cordonniers sont les plus mal chaussés. »
« Venant d’un cordonnier, ça passe… D’un psy, ça fait plutôt peur comme affirmation ! »
S’exclama Aubrey dans un rire, qui amena un pâle sourire aux lèvres de Paul. « Alors… Comment va-t-elle ? »
« Difficile à dire pour le moment. J’attends qu’ils aient fini de s’occuper d’elle pour retourner la voir. Vous dites ne pas l’avoir vue depuis plusieurs jours, c’est bien ça ? »


Aubrey hocha la tête avec inquiétude, sans décrocher son regard de Paul, comme s’il était le messie tout prêt à lui prêcher la parole divine. Mais il n’avait rien à lui dire, et bien au contraire. Il se renfrogna sensiblement, repensant au fait qu’il ne s’était absolument pas inquiété du fait qu’elle ait raté deux séances, alors que ça ne semblait vraiment pas être son genre. Il aurait dû s’inquiéter plus avant de balancer aussitôt le dossier aux oubliettes.

« Ca vous dit de l’attendre autour d’un café ? » Proposa alors Aubrey avec un joli sourire. « A moins que vous ne soyez également victime du vice de l’alcool, auquel cas on peut… Se détendre autour d’un cocktail au Plaisir des Sens. Ce n’est pas très loin… »

Paul aspira tranquillement une autre bouffée de nicotine, plissant légèrement les yeux en signe de réflexion. Il était fortement tenté d’accepter la proposition d’Aubrey, d’autant plus qu’elle était plutôt jolie dans son genre, mais il savait qu’il ne valait mieux pas qu’il se le permette. Il était psy, et il connaissait la psyché humaine. Il savait qu’un verre impliquait systématiquement une ambiguité, quand bien même celle-ci n’aboutissait à rien du tout. Il ne se le permettrait jamais avec ses patientes, et si les circonstances avaient été autres, il aurait été ravi de faire plus ample connaissance avec la jolie brune. Mais les circonstances n’étaient pas autres. C’était Aubrey qui avait amené Clare à Ste Mangouste, elle était donc directement liée à sa patiente.

« Ce ne serait pas vraiment correct. » Dit-il alors avec honnêteté. « Vous devriez rentrer chez vous, Aubrey. Je vous tiens au courant dès que j’ai des nouvelles, si vous voulez… »

La jeune femme hésita, lorgna les portes d’entrées de l’hôpital et sauta d’un pied sur l’autre.

« Ne vous inquiétez pas, je dirai à Clare que vous étiez là. » La rassura Paul, devinant l’une des probables raisons de sa tergiversation. Aubrey hocha la tête.
« Ok, bien… Mais vous me promettez que vous me tenez au courant, ok ? »
« Oui… »
Promit doucement Paul avec un mince sourire amusé. « Vous avez fait tout ce qu’il était possible de faire, Aubrey, ne vous inquiétez pas. A plus tard. »
« A plus tard ! »
Répondit la jeune femme avec un radieux sourire en s’éloignant. Paul prit tranquillement le temps de finir sa cigarette. Il n’aimait pas se précipiter quand il fumait.

***


Jambe pliée, la cheville droite sur le genoux gauche, pratiquement vautré sur le fauteuil, le coude sur l’accoudoir et l’index qui caressait négligemment sa lèvre inférieure, Paul était tranquillement en train de lire un exemplaire de la Gazette en attendant le réveil de Clare. Cela faisait déjà pratiquement une heure qu’il l’attendait, temps depuis lequel Daniel lui avait annoncé qu’ils l’avaient conduite dans une chambre où elle se reposerait.

Le coin de son œil capta l’agitation soudaine de la jeune femme, et au moment où il tournait la tête vers elle, elle se redressait franchement sur le lit en retenant un hurlement.

« Où est-ce que je suis ? » Demanda-t-elle avec des accents de panique dans la voix. Paul se leva de son fauteuil sur lequel il jeta le journal, et sans trop s’approcher de Clare, histoire de ne pas l’inquiéter plus que nécessaire, lui répondit :
« Vous êtes à l’hôpital, Clare. Vous avez fait une crise sévère. »

Clare écarquilla les yeux de stupeur en le voyant, avant de finalement les plisser en deux fentes assassines lorsqu’elle le reconnut.

« Vous ! » S’exclama-t-elle en remontant ses couvertures jusqu’à son menton, gênée de se trouver dans une telle position de faiblesse – en chemise de nuit d’hôpital – devant son psychologue. Paul n’affichait pas un air beaucoup plus avenant, et bien au contraire. Il croisa les bras sur son torse, avisant la jeune femme avec sévérité, comme il le ferait avec sa fille avant de la réprimander.

« Oui, moi. Et croyez-moi qu’à partir de maintenant, il va sérieusement falloir vous habituer à ma présence, parce que j’ai bien l’intention de doubler les séances. Qu’avez-vous fait, Clare ? »

Celle-ci ricana froidement, plantant son regard droit dans le mur en face d’elle en prenant bien soin d’éviter celui de Paul.

« C’est ça ! Faites semblant de vous sentir concerné alors que vous n’avez même pas daigné m’appeler pour savoir si je n’étais pas morte écrasée sous un camion quand je ne suis pas venue la dernière fois ! »

Touché. Paul eut un imperceptible sursaut, avant de se souvenir que cette faculté à ne pas mâcher ses mots et à dire tout ce qui lui passait par la tête était aussi indirectement liée à sa maladie. Il ouvrit la bouche dans l’idée de se trouver des excuses, mais se ravisa. Clare tourna un regard férocement triomphal dans sa direction.

« Est-ce que je dois croire que vous avez fait ça pour attirer mon attention ? » Interrogea-t-il avec une fausse innocence, préférant plutôt emprunter la voie de la provocation. Un point partout. Il la vit rougir brusquement et se retint furieusement de ne pas laisser éclater un sourire victorieux sur ses lèvres.
« Ce que vous êtes présomptueux ! » Se défendit-elle vivement. « Je n’ai pas fait ça pour ça ! »
« Pourquoi alors ? »
« Parce que vous croyez vraiment que je l’ai fait exprès ? »
« Vous venez vous-mêmes de l’avouer… »


Ce fut au tour de Clare de ne plus savoir quoi dire, et elle se renfrogna. Paul contourna le lit pour se placer au bout, les mains appuyés sur le rebord, afin de faire ostensiblement face à sa patiente.

« Dites-moi, Clare. Pourquoi avez-vous fait ça ? » Demanda-t-il d’une voix radoucie, et il fut presque certain de voir un frémissement sur le menton de la jeune femme.
« Je ne sais pas ce que j’ai fait… »
« Avant votre crise, je veux dire… Pourquoi vous n’êtes pas venue à ma séance ? Pourquoi vous êtes-vous octroyée ces vacances alors que ce n’était apparemment pas votre genre ? Votre amie, Aubrey, me l’a dit, alors inutile de vous défendre ! »
« Aubrey ? »
« C’est elle qui vous a trouvée. »
« Oh non… »
Souffla Clare en renversant la tête en arrière. Paul nota la réaction dans un coin de la tête, se promettant de revenir sur le sujet une autre fois. Mais là, il s’agissait surtout de lui faire cracher le morceau. Il la dévisagea alors avec attention, prêt à attendre de longues secondes avant qu’elle ne se mette à avouer. Et il savait qu’il n’aurait pas besoin de lui braquer une lampe au visage pour lui délier la langue.

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